Désirs de démocratie, espoir pour les femmes.

En ce mois de janvier 2015, des militantes de longue date, pour la liberté et les droits des femmes, ont été nommées Ministres  dans de nouveaux gouvernements :  Najiba  Ayubi en Afghanistan et Khadija Chérif en Tunisie.


Elle est femme, patronne de presse et journaliste. Elle a été également la co-fondatrice du Consortium Indépendant des Médias Afghan, et de l’Initiative Liberté d’Expression, qui soutient les journalistes dans le pays.  Militante pour la liberté d’expression et les droits des femmes ;  Najiba Ayubi  a été nommée ministre des Affaires féminines dans le nouveau gouvernement afghan.

 Elle a pris l’habitude de vivre avec les menaces, venant des talibans mais aussi du pouvoir, pour ses reportages sur la politique et les droits des femmes. « Chaque fois que je reçois une menace pour mon travail, j’éprouve une forme de satisfaction », explique-t-elle « et je me dis que, si je reçois ces menaces, c’est que je fais quelque chose de très important ». Extrêmement consciente de la fragilité des avancées démocratiques dans le pays elle les considère comme le résultat de 12 ans d’efforts (depuis la chute du régime Taliban) et elle ne veut pas les voir disparaître.

De Tunisie.

Khadija Cherif vient d’être nommée ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Depuis plus de 30 ans, cette  sociologue  universitaire milite pour la liberté et la laïcité, notamment au sein de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme, à la tête de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates entre 2006 et 2008, où elle s’est opposée à la dictature de Ben Ali.

Elle disait en 2006 : « En matière de droits des femmes, le chemin parcouru est appréciable et important mais le chemin qui reste à parcourir pour atteindre l’égalité et la citoyenneté à part entière est aussi long. Il l’est d’autant plus que l’on enregistre depuis quelque temps une régression des mentalités et des comportements. Les acquis à préserver sont en danger. (Les islamistes ont, eux aussi, alimenté les peurs par leur intolérance, leur agitation et la violence qu’ils ont menée sur le terrain. Leur remise en cause du Code du statut personnel a commencé en 1985.) Ce qui semble irréversible, peut être au niveau des pratiques, c’est la limitation des naissances, le travail des femmes, mais sûrement pas leur statut et leur rôle au sein aussi bien de la famille que dans la société. »

Janvier 2015

Dernières informations.

Le ministère de la femme est enlevé à Khédija Chérif… suite aux pressions d’Ennahdha ?

Dès l’annonce du premier gouvernement, il y a plus d’une semaine par Habib Essid, l’extrême droite tunisienne a condamné la nomination de Khedija Cherif, prétextant que cette dernière était islamophobe.

Une militante  qui œuvrerait pour les droits des femmes et pour l’égalité , cela aurait été trop beau, car finalement le ministère de la femme aura fait l’objet d’une nomination partisane et atterri chez Afek Tounes, parti socio-libéral dont le programme est  au masculin.

Le 3 février 2015