Quel Parlement européen?

Les forces de droite sont arrivées en tête des élections européennes. Une poussée favorisée par la crise, par une gestion européenne controversée  sans être réellement discutée sur le plan économique et humain où trop de gens y ont perdu leurs moyens,  et sont sans espoir pour leurs enfants. La cupidité et le combat entre tous ont aplati les faibles discours de celles et ceux qui entendaient raisonner. (N’a-t-on pas entendu une responsable frontiste bien connue ici, proclamer hilare au soir de ce 25 mai « Ils ont pris une sacrée raclée, ça nous fait plaisir ! » ; quel décalage, nous ne sommes pas dans la guerre des boutons !).

Regardons la réalité à travers ses repères numériques accessibles, l’analyse plus réfléchie viendra après.

Résultats par groupes politiques…

Tableau provisoire à préciser en fonction des affiliations de 63 nouveaux élus qui n’appartiennent à aucun groupe politique (8,4% des suffrages). Tableau à compléter  par les proportions femmes/hommes par groupe politique et par pays, non encore répertoriées.

Groupe politique Nombredéputé-e-s Ecart avec 2009 Proportion en %
Parti Populaire Européen

214

-60

28,5

Socialistes et Démocrates

189

-7

25,2

Alliance des libéraux et des Démocrates

66

-17

8,9

Les Verts/Alliance Libre Européenne

52

-5

6,9

Conservateurs et Réformistes européens

46

-11

6,1

Gauche Unitaire

42

+7

5,6

Europe Liberté Démocratie

41

+10

5,5

Non Inscrits

38

+5

5,1

Source : Question d’Europe n°314, www.robert-schuman.fr

Par pays…

Les forces de droite sont arrivées en tête dans 17 états membres dont : Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, Pays- Bas, Pologne…

La gauche s’est imposée dans 6 pays dont : Italie, Portugal Suède…

Dans 3 Etats le scrutin est dominé par les forces populistes : France, Danemark et Royaume- Uni.

L’extrême gauche est arrivé en tête en Grèce.

Les candidats indépendants sont arrivés en tête en Irlande.

Quel soutien pour les droits des femmes ?

Sur les 751 sièges, 283 sont occupés par des candidats dont les programmes ont pris en compte les femmes, timidement ou en reprenant les propositions du Lobby européen des femmes, pour les autres le mot « femmes » n’apparaissaient même pas dans le programme. Vigilance et mobilisation des associations sont indispensables.

Le paysage français

Une abstention de 43%

Sur les 74 élu-e-s français : 24 FN , 20 UMP, 13 PS, 7 Modem-UDI, 6 EE-LV, et 4 FG

Moins de françaises au Parlement européen : 32 femmes, ou plutôt 31  siègeront, car une élue frontiste bretonne a été démissionnée au lendemain de son élection au profit du 3ème de liste, secrétaire départementale du FN en Ille et Vilaine (elle s’était aussi  publiquement prononcée pour le droit de vote des étrangers aux élections locales).

Elles étaient 44% des français au Parlement, elles y seront moins de 42%… c’est une conséquence logique des pratiques partisanes : les listes sont composées en alternance d’hommes et de femmes, mais les têtes de liste sont  majoritairement des hommes.

Presque la moitié de nouveaux élu-e-s : mais le vétéran Jean-Marie Le Pen est élu depuis 1984, et 11 anciens ministres se trouvent recasés au Parlement européen !

Une proportion non négligeable de néophytes : 18% d’entre eux n’ont jamais exercé de mandat politique auparavant.

Une influence moins grande en Europe ? Sans doute. Pour les députés français réélus, la participation  aux votes en plénière, lors du précédent mandat est honorable (83,5%), mais il ne suffit pas de participer aux plénières pour avoir de l’influence[1]. Quant au couple Le Pen, père et fille, on relève 3 questions parlementaires (venant de Marine), zéro rapport, zéro proposition de résolution, zéro déclaration écrite.

En région Nord – Pas de  Calais

Sur les 10 députés  de la grande région Nord-Ouest siégeront 5 femmes, 3 FN, 1UMP et 1 Verte ; c’est-à-dire une parité arithmétique et très peu de force pour faire progresser la situation des femmes et la démocratie.

Ces élections sont une fois de plus l’occasion de montrer l’impasse qu’est une parité réduite à un quota 50/50 dans la représentation politique. Depuis sa création l’Observatoire le dit : rien ne peut se transformer si  l’égalité numérique dans la représentation ne secoue pas la domination masculine et si elle n’entraine pas un véritable partenariat. Il ne s’agit pas d’intégrer des femmes  dans un modèle  androcentré mais d’améliorer  les situations des hommes et des femmes, le plus souvent non symétriques, d’en apprécier les différences pour en penser l’égalité de résultat.

 

Version provisoire au 28 mai 2014

 

 



[1] Voir l’enquête : www.lexpress.fr/actualite/parlement-europeen-le-palmares-des-deputes-francais-les-plus-influents