Le rapport Jospin  a été rendu public le 9 novembre. Certains ont parlé de Big Bang politique, mais au regard de la parité l’affaire est plus modeste. « Renforcer la parité entre les femmes et les hommes » était l’un des objectifs assignés à la commission présidée par l’ancien premier ministre. Les mesures préconisées pourront la renforcer, si tant est qu’elles soient adoptées. Mais sans plus.

      Il faut saluer le point très positif qu’est la rupture affirmée avec les pratiques de cumul des mandats, proposée à l’application dès les prochaines élections locales (2014). C’est l’une de nos exigences depuis 10 ans.  Rendre incompatible le mandat parlementaire (député ou sénateur) avec tout  mandat  électif  autre qu’un mandat local-simple  (conseiller municipal, régional, général), dégagera l’accès des postes de responsabilités pour des femmes, mais aussi pour d’autres qui actuellement en sont exclus. Rappelons que les femmes ne représentent actuellement  que 13% des maires dans le  Nord et 9% dans le  Pas de Calais (13,8% en France), elles  sont à peine 8% des présidents d’intercommunalités dans la région. Mais rien n’est dit sur le cumul dans le temps : cette situation bien connue de longue carrière politique construite sur une succession d’un même mandat de maire ou député. Nonobstant, la proposition reste forte et courageuse, car sa mise en acte demandera une solide volonté, au vu récemment des réactions locales, largement médiatisées, d’élu-e-s PS à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, refusant d’abandonner leur mandat exécutif local et d’obéir ainsi à l’injonction de leur parti.

      Les propositions sur les modes de scrutin pour les élections législatives et sénatoriales restent très en deçà de nos attentes. Revenir au scrutin de liste paritaire dans les départements  qui élisent trois sénateurs (au lieu de quatre actuellement) n’apportera pas de changement majeur, vu les pratiques de détournement  bien connues qui consistent à multiplier les listes dissidentes menées par des hommes. Rappelons que lors des dernières élections sénatoriales, sur 112 sièges en jeu par scrutin de liste, les femmes n’en ont décroché que 39 (soit 35%). Quant aux législatives, c’est la stabilité gouvernementale qui prime et le statu quo est à peine altéré. Le scrutin binominal est écarté comme imposant un redécoupage des circonscriptions de trop grande ampleur. Proposer  10% de sièges au scrutin de liste paritaire dans une circonscription nationale, n’impose que la suppression de 58 circonscriptions – opération légère, quand on se souvient qu’entre 2007 et 2012, le Nord en a perdu trois et le Pas de Calais deux. Cela permettra idéalement l’arrivée de 29 femmes, pas de quoi craindre la révolution!

Refusée, la modulation de l’aide financière en fonction du nombre de femmes élues, refusée également la suppression de l’aide publique aux partis qui ne présenteraient pas des candidatures paritaires, cette dernière est seulement alourdie. On a vu qu’elle était sans effet sur les grands partis

Répétons le : les femmes sont plus de la moitié de la population et du corps électoral, elles représentent l’Universel de la République aussi légitimement que les hommes et il ne peut y avoir de réelle démocratisation sans leur participation à l’élaboration des lois, au bénéfice de tous.

Le 14 novembre 2012