mars, 2015

En sourdine : la révolution de la parité

Aujourd’hui en France, 660 conseillers généraux sont des femmes (à ce jour, environ 16% des élu-e-s), et sur les 95 départements de France métropolitaine, elles sont seulement 4 femmes à présider un Conseil général.

Le nouveau mode de scrutin qui équilibre les nouveaux cantons en population, va aussi créer  des assemblées départementales strictement  paritaires. Soit,  1 400 élues départementales supplémentaires, pour renouveler et dynamiser la démocratie locale, pour bousculer les mentalités et les comportements, par un apport de regards neufs et d’expériences de vie différentes.

Les conseils généraux du Nord et du Pas de Calais  ont toujours été présidés par des hommes, avec des  exécutifs très masculins (3 femmes vice-présidentes sur 15 dans le Nord et 2 sur 15 dans le pas de Calais, actuellement). Si, globalement, dans la région, la proportion de conseillères est dans la moyenne nationale (avec un  déséquilibre entre les deux départements : 19% dans le Nord et 13% dans le Pas de Calais), voilà- arithmétiquement dans la région- 55 femmes élues supplémentaires annoncées !

On nous dit que cela dérange les habitudes et accentue la confusion, mais voilà une belle opportunité offerte aux femmes : d’exclues de fait, elles deviennent actrices –partenaires d’égale légitimité. L’espace leur est donné pour y exercer et développer leurs capacités. Nous avons salué cette avancée et nous resterons vigilant-e-s pour qu’elle ne soit pas entravée ; nous surveillerons la composition non contrainte des exécutifs et le partage des responsabilités. C’est un beau challenge, puisse-t-il n’être pas gâché par des frustrations impuissantes !

Mezza voce : un faux procès

Cette élection se passerait dans le bouillard et l’électeur ne saurait rien des futures compétences des départements maintenus après de sombres discussions ?  L’électorat l’a-t-il jamais su vraiment pour s’être autant abstenu lors d’élections précédentes et qui engagent autant sa vie quotidienne ? Ce qui compte pour les électeurs c’est que leurs élu-e-s départementaux continuent d’assurer la solidarité par le biais des allocations pour les plus fragiles ou les personnes âgées. Or, le projet de loi ne remet pas en cause ces compétences et les premières lectures au Sénat et à l’Assemblée ont permis de stabiliser cette position.

Aux départements, l’action sociale et non l’assistanat, aux deux bouts de la vie et pour les plus vulnérables et fragiles. Ils gèrent notamment le revenu de solidarité active (RSA) et l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) aux personnes âgées en perte d’autonomie. Ils veillent sur la bonne qualité de l’accueil des très jeunes enfants en crèches, haltes garderies, jardins d’enfants,  ou chez des assistantes maternelles, ils s’occupent de  la protection maternelle et infantile (PMI), du soutien aux familles en difficulté, des services d’adoption, de l’hébergement et de l’insertion sociale des personnes handicapées, ou encore de la création et la gestion de maisons de retraite. Ils soutiennent les associations qui  comme le Planning Familial s’occupent de la santé affective et sexuelle des jeunes filles et garçons, avec le souci de réduire les violences envers les femmes et les jeunes filles etc.

Et pour ce qui est du département du Nord, il cherche via les nouvelles technologies à mettre en place un système d’échange participatif  entre les élu-e-s et le peuple : les « ateliers citoyens »

A la trompette : la progression du Front National

Tout cela, qui fait le développement humain reste submergé localement par les appareils partisans,  la situation politique nationale et  la forte progression du Front National dans à peu près tous les territoires. Laissons de côté  les déclarations du FN, sur l’immigration, l’IVG ou la peine de mort,  pour ne retenir  que la stratégie relative aux élections départementales : « faire des économies », « faire la chasse aux abus ». Toute politique d’action sociale, renvoyée à une « politique de guichet », il s’agit de réduire ce type de dépense et les subventions aux associations  qui s’occupent des plus fragiles et indésirables, car  cela n’est qu’une première étape. Franck Briffaut (Maire de Villers-Cotterêts) résume l’état d’esprit à la veille du scrutin départemental : « C’est quand on pourra faire passer des lois, mettre en place la préférence nationale, que les choses bougeront. Notre stratégie aujourd’hui est celle d’un repositionnement, dans le cadre d’une prise globale du pouvoir. En attendant, on ne peut agir qu’à la marge. » En résumé : gagner localement pour préparer les victoires nationales.

Et pour les femmes, que nous chantent les victoires nationales ? Si nous n’avions pas déjà compris, les député-e-s FN au Parlement européen nous l’ont rappelé récemment.  Ils et elles ont voté contre la résolution (par ailleurs adoptée) « sur le progrès accomplis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union » qui comporte surtout des recommandations pour l’avenir.  A partir de quels arguments ? En substance : les femmes sont faites pour faire des enfants et s’en occuper et l’avortement est une véritable arme de destruction massive contre la démographie européenne. En forme de conclusion, Aymeric Chauprade (député européen Ile-de-France) s’oppose à toute politique en faveur de l’égalité avec cet argument : « Les femmes n’ont pas besoin de vous pour assurer leur avenir car elles le portent dans leur ventre ».

Les 22 et 29 mars 2015

Ne nous laissons pas voler notre avenir, votons !

Le 16 mars 2015