avril, 2014

AGENDA Avril-Mai-Juin 2014

 

Lundi 28 avril à partir de 18h,

salle Marianne, Place de la République à Villeneuve d’Ascq

 

Débat animé par Pierre Mathiot, pour :

sensibiliser à la participation aux élections européennes ;

faire connaître les candidats au plus grand nombre ;

montrer les clivages politiques ;

contribuer à la formation d’un choix au moment du vote.

Plusieurs députés ou candidats européens ont confirmé leur présence (par ordre alphabétique) :Jean-Louis Cottigny (PSE),  Laurent Daniel (PPE),  Karima Delli (VERTS/ALE),  Jacky Hénin (GUE/NGL),  Gilles Pargneaux (PSE), Dominique Riquet(PPE), Tokia Saïfi (PPE).

 

 

Lundi 12 mai à 17h, Faculté de droit de Lille2

 

Débat sur les élections européennes avec des candidats.

A l’initiative du Mouvement européen- France Nord

 

Mardi 13 mai à 18h30, IEP 84 rue de Trévise à Lille

Conférence de Nicole Ameline, Présidente du Comité CEDAW, ancienne ministre

« Un outil contre les discriminations: la CEDAW »

à l’initiative de l’association Libres MarianneS- Nord

 

Mercredi 14, Mai à partir de 18h30, Cinéma l’Univers, rue Danton à Lille

Projection du film« Volver » de Pedro Almodóvar

A l’initiative de l’association Femmes Solidaires de Lille.

Le film sera suivi d’un débat avec Martine Warnier, responsable départementale  de l’AIVI (Association internationale des victimes de l’inceste)

Contact : 0682281042

 

 

Mardi 20 mai à 18h30, Maison de l’Education Permanente, 1 place Georges Lyon  à Lille,

 

rencontre-débat: Quelle Europe pour les européennes ?

 

Avec les interventions de Pascale Joannin, Directrice générale de la Fondation Robert Schuman et Anne Wetzel, directrice du Pôle Europe au Conseil régional Nord Pas de Calais.

A l’initiative de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes en Nord Pas de Calais. Contact : 0607960664

 

 

Jeudi 19 Juin à 18h à l’Auberge de Jeunesse de Lille, 12 rue Malpart

Rencontre de travail entre différents groupes militants sur le thème:

Féminisme et laïcité

A l’initiative du Comité Laïque du Nord, contact : 0320069908

Quand près de 12% de la population mondiale est appelée aux urnes.

 

Du 7 avril au 12 mai 2014, 814 millions d’Indiens sont appelés à se rendre aux urnes pour ce qui constitue la plus grande élection législative du monde. En comparaison, la deuxième démocratie du monde, les Etats-Unis, ne compte que 219 millions d’électeurs.

Les citoyens indiens doivent désigner les 543 députés qui siègeront pour 5 ans à  la chambre basse, le Lok Sabha. La nomination du nouveau premier ministre dépendra du résultat des urnes du 16 mai. Tout  dans ces élections apparaît comme hors du commun : l’organisation du scrutin en 9 étapes, l’installation du matériel électronique dans le million de bureaux de vote dispersés dans les 28 Etats qui constitue l’Etat fédéral indien, l’élaboration de bulletins de vote en 22 langues.

Trois  partis  se disputent le pouvoir. Le parti du Congrès, le plus vieux parti indien, est dirigé par  Rahul Gandhi, l’arrière-petit fils de Nehru, le petit-fils d’Indira Gandhi. Si son patronyme est un atout, Rahul Gandhi pâtit de sa personnalité réservée et son manque de charisme. Il peine à incarner le changement : son parti  est au   pouvoir  depuis 2004 avec le 1er ministre Manmohan Singh  et  70% des Indiens s’en disent insatisfaits.  Le BJP, le Bharatiya Janata Party, parti nationaliste hindou de Narendra Modi, est crédité du soutien de 2/3 des électeurs.  Apprécié pour sa gestion du Gujarat dont il est le ministre en chef depuis 2001, Narendra Modi, homme autoritaire est un farouche défenseur de l’Hindutva, l’idéologie extrémiste hindoue  selon laquelle ceux qui ne sont pas hindous ne sont pas Indiens. En 2002,   il fut mis en cause dans les pogroms antimusulmans qui firent au-moins 1200 morts. Le troisième parti, le parti de l’homme ordinaire, Aam Aadmi Party, est récent.  Fondé en 2012, il est dirigé par Arvind Kejriwal, un ingénieur qui s’est fait connaitre pour sa lutte contre la corruption. Il incarne le renouveau politique.

Depuis 1989, tous les gouvernements ont été de coalition. Il y a peu de différences entre les programmes économiques du Parti du Congrès, historiquement marqué par du socialisme redistributif et le BJP de Modi défenseur du libéralisme. Ces deux partis ont annoncé  un renforcement de la politique sociale qui bénéficie déjà d’un financement à hauteur de 4 ,6 % de son PIB. Mais les engagements électoraux sont à relativiser dans la mesure où les décisions de l’Etat fédéral doivent être adoptées par tous les Parlements régionaux pour entrer en vigueur.

La jeunesse est la grande inconnue du scrutin. En Inde, près de 600 millions de personnes ont moins de 25 ans  et près de 65% de sa population, qui se chiffre à 1,2 milliard d’habitants, a moins de 35 ans. Avec l’arrivée  de 100 millions  de nouveaux électeurs depuis les précédentes élections législatives de 2009, les partis politiques se mettent en quatre pour séduire cette jeunesse indienne.  Celle-ci  très attachée à lutter contre la corruption endémique qui touche le pays, pourrait se rapprocher du Parti de l’homme ordinaire.

Un autre souci de cette jeunesse est la sécurité des femmes.  La société indienne est particulièrement violente avec ses femmes : viols et meurtres restés impunis, infanticides de filles. La mobilisation de la société et en particulier des femmes depuis le viol et le meurtre d’une jeune indienne des classes moyennes en décembre 2012 a provoqué la condamnation à mort des agresseurs majeurs. La jeunesse indienne semble vouloir appliquer des lois draconiennes contre les  violences faites aux femmes. D’après le rapport 2009 du Forum économique mondial, l’Inde ne figure qu’au 114e rang du classement de l’égalité entre sexes. Les femmes n’occupent que 23 % des postes d’employés dans les grandes entreprises. Dans les familles pauvres aussi bien qu’aisées, les filles sont victimes d’avortements sélectifs, pour éviter le paiement d’une dot lors de leur mariage. D’après un rapport du Programme des Nations unies pour le développement, l’Inde compte près de 45 millions de « femmes manquantes ».

Autre nouveauté pour ces élections est l’application de la loi du 10 mars 2010, la « Women Reservation Bill ». Une loi accordant un tiers des sièges de députés aux femmes dans l’hémicycle, tant au niveau fédéral que régional. A l’heure actuelle, les femmes occupent 11% des sièges. De fait, plus de 100 parlementaires devront céder leur siège à des femmes aux lendemains des élections.

Les élections législatives  de la plus grande démocratie du monde présentent donc  un enjeu majeur  aussi bien pour l’orientation politique  du pays que pour le sort des femmes indiennes.

le 15 avril 2014.

Voir la brève sur Meira Kumar, première femme intouchable élue présidente du Parlement indien en 2009, dont le visage est à la une du menu déroulant.