septembre, 2013

 

Une Première Ministre au Sénégal

 

C’est une bonne nouvelle. Aminata Touré, femme politique déterminée, et militante depuis son adolescence, vient d’être nommée  Première Ministre par le Président du Sénégal,  Macky Sall. Elle avait rejoint son équipe en 2010, travaillé à son  programme  et dirigé sa campagne  pour les élections présidentielles de 2012. La classe politique lui reconnaît la rigueur, l’opiniâtreté et la transparence; dotée d’une solide expérience, arrivera-t-elle à donner une impulsion aux réformes programmées, dans ce pays où sévit une crise économique et sociale ?

L’esprit d’entreprise et de solidarité n’a jamais fait défaut aux femmes africaines. Depuis quatre décennies, dans toutes les grandes conférences internationales, leurs déléguées  martèlent l’urgence d’améliorer la situation des femmes, et pour cela la nécessité de leur donner accès aux postes de décision, elles démontrent qu’elles sont les actrices incontournables du développement. Celle-ci participe du même élan.

Diplômée en gestion et économie internationale dans des universités françaises et américaines, Aminata Touré a  dirigé pendant neuf ans le département des droits humains du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et dans ce cadre insisté sur les droits des femmes comme partie intégrante des droits de l’Homme et particulièrement sur leurs droits fondamentaux touchant à la procréation et la planification familiale.

Ministre de la justice pendant 17 mois, après l’élection de Macky Sall, elle s’était alors appliquée à lutter courageusement contre la corruption et  assainir le système judiciaire sénégalais en engageant « la traque des biens mal acquis » (cette campagne a permis le versement  de 30 milliards de francs CFA au Trésor public).

« La politique ne doit pas être une spécialité. Elle ne doit pas être un métier, mais une volonté de changer les choses », dit-elle ; souhaitons-lui de trouver des réponses concrètes aux espoirs qui se portent sur elle.

Le 15 septembre 2013

 

Dossier égalité professionnelle paru dans CLARA magazine, septembre -octobre  2013. Extraits de l’article rédigé par Christiane Marty, membre de la Fondation Copernic .

«  Aucune retraite ne devrait être inférieure au SMIC net pour une carrière complète  »

 

La retraite amplifie les inégalités existant entre les hommes et les femmes dans la vie professionnelle . Aux salaires plus faibles des femmes s’ajoute le fait qu’elles ont des carrières en moyenne plus courtes interrompues pour prendre en charge les enfants et souvent des périodes de temps partiel .

En 2008 la pension globale des femmes ne représente que 72 % de celle des hommes – et la pension de droit direct ne représente que 58 % de celle des hommes en 2011 . Avec la plus forte participation des femmes dans l’emploi et leur meilleure formation , les écarts de pension ont eu tendance à se réduire . Mais les «  réformes » adoptées depuis 1993 ont entraîné une baisse relative des pensions et une aggravation des inégalités entre les hommes et les femmes .

La révision de certains dispositifs familiaux – certes indispensables dans la situation actuelle pour limiter les inégalités, pour mieux les rediriger vers les femmes peut avoir un effet pervers. En effet, les femmes se voient attribuer des droits complémentaires, mais les conditions d’attribution font que leurs droits directs s’en trouvent alors diminués. Les dispositifs proposés ne sauraient donc  être considérés comme l’outil d’une politique d’égalité entre les hommes et les femmes car, au final les rôles sexués sont maintenus, et  ils peuvent enfermer ces dernières dans le rôle de mère.

L’égalité entre les sexes est un moyen d’améliorer sensiblement le financement des retraites . Le taux d’activité des femmes est aujourd’hui inférieur de plus de 10 points à celui des hommes (84,2 %  contre 94,8 % dans la tranche des 25 – 49 ans en 2010) . Si l’on tendait vers l’égalité,  la population active serait de 5 % supérieure  et le volume des cotisations serait donc supérieur de 5 %.

Une politique cohérente en faveur de l’égalité doit donc concilier la réduction des inégalités des pensions entre les sexes et l’évolution vers un modèle de protection sociale rompant avec le modèle patriarcal .

Ce dossier est également constitué de témoignages de femmes proches de la retraite ou en retraite ; d’une chronologie des différentes «  réformes  » ainsi que de l’interview de Mme. Rachel Silvera , maîtresse de conférence à l’Université Paris -Ouest Nanterre , qui analyse l’emploi féminin et les enjeux de la réforme des retraites à venir .

Le, 12 septembre 2013