avril, 2013

Le dictionnaire des femmes créatrices

Ed. des femmes

Réalisé sous la direction de Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber. Parution à l’automne.

12 000 articles sur une créatrice ou sur un thème, une école, un mouvement ou une culture dans lequel les femmes se sont illustrées.

40 siècles de création de femmes à travers le monde dans tous les domaines de l’histoire humaine, des arts, de la culture, de la science.

Présentation et souscription exceptionnelle. www.desfemmes.fr

Vers une démocratie locale paritaire,

bond en avant et pas mesurés.

Après l’abrogation du conseiller territorial, le projet de loi relatif à l’élection des conseillers municipaux, des conseillers communautaires et des conseillers départementaux, a donné lieu à un long débat contradictoire entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Il a été définitivement adopté le 17 avril 2013. Dans l’agitation ambiante la chose est passée inaperçue mais pourtant le texte entraîne un changement profond dans les modes de scrutin des assemblées territoriales avec pour conséquence de facto un progrès de la parité. Un challenge pour les femmes élues et pour le mouvement paritaire.

Une révolution dans les départements

Au regard de l’évolution démographique, revoir le découpage des cantons, restés à peu près en l’état depuis l’époque des déplacements à cheval, s’est avéré nécessaire. Dans ce contexte, le scrutin binominal à deux tours proposé et contesté a finalement été choisi; il veut à la fois respecter le principe de parité et maintenir l’ancrage territorial. Pour la première fois une parité de résultat est garantie: deux conseillers, un homme et une femme pour des territoires élargis (le nombre de cantons sera divisé par deux). Actuellement, moins de 14% des conseillers généraux sont des hommes.

Certes le découpage n’ira pas sans tension pour redéfinir un équilibre entre les campagnes et les villes, et l’emprise des deux plus grands partis sur la vie politique risque d’en sortir renforcée. Connaissant les capacités de détournement des potentats locaux, les femmes vont devoir être vigilantes et solidaires pour que ne soient pas installés des couples où elles servent de doublures ou de faire-valoir, mais c’est une belle opportunité pour démontrer par la preuve que cette couplaison politique, déjà éprouvée dans les exécutifs municipaux et les conseils régionaux, peut produire innovation et transformation.

Une féminisation contrôlée des conseils municipaux et intercommunaux

Scrutin de liste paritaire pour l’élection des conseillers municipaux étendu aux communes de 1000 habitants et plus. Seulement 27% des communes françaises, mais l’entrée de 16 000 femmes de plus dans les conseils municipaux des villes de 1000 à 3500 habitants.

C’est un progrès, jusqu’ici cette règle ne s’applique qu’au communes de plus de 3 500 habitants (une sur dix en France et 16% des communes de la région). Ce mode de scrutin concernera la majorité des communes du Nord (58%) et plus du quart des communes du Pas de Calais (27%).

Fléchage obligatoirement paritaire des conseillers intercommunaux sur les listes municipales. Mais dans le cas d’une commune de moins de 1000 habitants, c’est le maire qui est délégué (à 86% des hommes)

Actuellement ces assemblées sont devenues des lieux de pouvoir important et décident de près de 80% des investissements des communes, elles sont des bastions masculins. Sur le plan national, faute de statistiques sexuées disponibles, on évalue entre 20 et 25% la proportion de femmes conseillères titulaires dans les intercommunalités, le seul chiffre officiellement établi est 7% de présidentes. Dans la région 95% de ces établissements ont moins de 30% de femmes conseillères, et les femmes constituent environ 18% des délégués titulaires.

L’exception française en Europe d’une majorité importante de petites communes est corrigée par l’existence d’intercommunalités qui préservent les moyens d’action collective pour ces petites entités. mais elle entraîne que la majorité des communes, les intercommunalités tout comme leurs exécutifs échappent à l’obligation de parité, et cela tant que le scrutin de liste paritaire ne sera pas le mode d’élection pour toutes.

Le 21 avril 2013


Jusqu’à quand cumuleront-ils?

Manuel Valls vient de présenter au Conseil des Ministres un projet de loi pour limiter les mandats des parlementaires, sujet largement approuvé dans l’opinion. Sa mise en oeuvre n’est prévue que pour 2017, date de renouvellement du Parlement, ce qui va laisser libre cours à toutes les formes de résistance et de contournement. En effet des élus cumulent tranquillement plusieurs mandats et des fonctions parallèles, qu’ils renouent au fil des ans, notables élus, réélus, jugés particulièrement compétents parce qu’ils sont visibles, toujours présents; mais comment peuvent-ils remplir correctement leurs tâches, ces surhommes?

Actuellement, 58% de députés et 59% de sénateurs détiennent également une fonction exécutive locale de direction ou de co-direction d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre (EPCI). Et il faut noter que le projet du gouvernement intègre dans les mandats locaux les exécutifs des intercommunalités de plus en plus importantes en terme de pouvoirs et de moyens. Le projet veut rendre incompatibles l’exercice d’un mandat parlementaire national ou européen avec l’exercice de fonctions de direction ou co-direction au sein des collectivités territoriales (communes, régions, départements, EPCI).

C’est moins une interdiction qu’un appel d’air nécessaire pour renouveler la vie politique, l’ouvrir plus largement aux femmes et à tous ceux qui en sont exclus actuellement.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) vient de produire sur la question une étude genrée consacrée au cumul des mandats très instructive. Il rappelle que les hommes représentent plus de 73% des députés, 78% des sénateurs, plus de 92% des présidents de conseils régionaux et 95% des présidents de conseils généraux. Conséquence automatique, les cumulards sont très majoritairement des hommes, que ce soit dans l’espace ou dans le temps; ils le sont à des postes plus importants que les femmes parlementaires en position de cumul. Ainsi une large majorité de parlementaires hommes  cumulent avec une charge de maire et/ou de  président de conseil régional ou général (70% des députés, 67% des sénateurs), alors que les parlementaires femmes n’en sont pas là, elles sont maires ou adjointes, présidentes ou vice présidentes de conseils régionaux ou généraux (41% des députées et 50% des sénatrices).

Et dans notre région?

La comparaison avec les statistiques nationales n’a pas grand sens, vue la faiblesse des effectifs considérés (18 sénateurs dont 6 sénatrices et 33 députés dont 5 femmes). les chiffres absolus rendent compte du phénomène:

– Sur les 18 sénateurs du Nord-Pas de Calais, 14 cumulent avec au moins une fonction dans un exécutif local (mairie, conseil régional, conseil général, intercommunalité); 6 d’entre eux cumulent leur mandat parlementaire avec 2 charges en responsabilité.

– Sur les 33 députés, 22 ont une fonction dans un exécutif local, 9 d’entre eux en ont au moins 2; parmi eux on compte 19 maires. L’un est régulièrement élu depuis 1978, un autre depuis 1988. 7 d’entre eux en sont à leur 5ème mandat…

Le 16 avril 2013

Egalite-infos.fr

 

Les Licenci’elles ou comment les fourmis ensemble sont plus fortes que le boeuf .

Extrait de l’article écrit par Claire Aubépart et publié dans CLARA magazine de janvier/février 2013

Les vendeuses des boutiques 3 Suisses ont été licenciées il y a un an ( en janvier 2012 ), officiellement pour motif économique , le groupe misant désormais sur la vente à distance. La majorité du chiffre d’affaires se fait aujourd’hui sur Internet. La forme d’emploi change, l’entreprise ferme des boutiques et développe sa plate-forme téléphonique, tels sont les arguments de l’avocat de la firme qui ajoute : » La restructuration est une nécessité . Ce secteur est en crise . » Cependant ce n’est pas la crise pour tout le monde. Le groupe Otto, actionnaire allemand, invoque la même malheureuse nécessité alors que, suite au plan de licenciements,   ses bénéfices ont été démultipliés et que les actionnaires ont vu leurs profits augmenter de façon substantielle .

Dans cet affrontement du pot de terre contre le pot de fer, les Licenci’elles peuvent gagner . Elles disposent d’une arme juridique , c’est la notion de « co-emploi ». Il s’agit de faire reconnaître l’unité économique et sociale entre une filiale ( 3 suisses ) et un actionnaire ( le groupe Otto ) . Il faut prouver qu’Otto ne s’est pas contenté de prendre ses dividendes mais a géré le groupe  3 Suisses directement . On serait alors dans un cas de  « co-emploi », notion définie dans plusieurs arrêts de la Cour de Cassation dont le dernier remonte à septembre 2012. Si le « co-emploi » est avéré, le licenciement économique sera le résultat d’une stratégie globale à l’échelle européenne et deviendra alors un licenciement abusif au regard des profits dégagés par la firme Otto . Le « co-emploi » pourrait devenir une arme redoutable dans de nombreux conflits sociaux. La lutte des femmes engagées dans ce combat a un sens au delà des boutiques 3 Suisses . Elles affirment :  « Nous ne sommes pas des mouchoirs jetables mais des êtres humains !« 

Ces salariées de toute la France se sont organisées au sein d’un collectif : l’association les Licenci’elles, née de la lutte initiée par ces femmes et soutenue par la CGT . Il s’agit de dénoncer un plan de licenciements dits  » économiques  » comme licenciements abusifs . C’est le procès du groupe 3 Suisses qui se joue à Roubaix où se trouve le siège de la société . C’est un procès long , très long . La stratégie de la défense est de faire durer , de reporter les audiences, de résister à fournir les pièces demandées avec l’objectif de faire naître le découragement, voire l’abandon . C’est sans compter sur la ténacité de ces femmes qui font la route des quatre coins de la France à chaque audience et cela depuis décembre 2011. Elles savent que ce n’est pas fini et elles ont su fédérer des élans de solidarité autour d’elles.  Ainsi plusieurs associations et politiques les soutiennent dans leur combat : Femmes solidaires, les cgtistes de chez Goodyear, le Collectif national Droits des Femmes, le Mouvement égalité, le Front de Gauche, EELV.

Elles répètent inlassablement : « On ne va pas se laisser faire !« . Ces femmes ont créé une spirale magique : de la lutte à la solidarité ; de la solidarité à l’exemplarité ; de l’exemplarité à l’utilité pour toutes et tous . Ce n’est pas simplement un procès ; c’est l’évolution du Code du travail .

Le jeudi 28 mars, les Prud’hommes de Roubaix ont renvoyé en départage (audience en présence d’un magistrat) le dossier de ces 70 anciennes salariées des 3 Suisses . Une nouvelle mobilisation est prévue le 2 mai, date de l’audience .

Photo prise devant la Bourse du Travail à Paris, le 5 avril 2012 et parue dans  le journal en ligne égalité-infos.

Lundi 8 avril 2013 à 18h30

Conseil Régional Nord – Pas de calais, Siège de Région 151 av. du Président Hoover à Lille

39ème rencontre citoyenne

Décrypter le sexisme pour innover l’égalité

Quels sont les visages actuels du sexisme et les enjeux contemporains de l’égalité?

avec

Caroline DAYER

Enseignante et chercheuse à la Faculté de Psychologie et de Sciences de l’éducation de l’université de Genève, chercheuse associée à l’Nnstitut d’études genre de l’Université.

 

 Vendredi 24 Mai à 20H30 au Biplan, rue Colbert à Lille

Des quais à la scène

Spectacle de

Elina DUMONT

 

Lundi 27 mai à 17h30, Maison  de quartier de Lille centre

Assemblée générale de l’Observatoire de la Parité en Nord Pas de Calais

Débat d’actualité

le Haut Conseil à L’égalité, axes de travail, priorités, perspectives…

Avec Claire Guiraud et Romain Sabathier, pour représenter sa Présidente

Danielle BOUSQUET

 

Mercredi 29 mai à 18h30, Cinéma l’Univers rue Danton à Lille

Projection du film

Femme objet de pub

Faut-il une femme nue pour vendre?

A l’initiative de Femmes solidaires de Lille, la projection sera suivie d’un débat.