novembre, 2012

 

A PARIS

19 novembre, Mairie du 7ème arrondissement, 14h,  colloque organisé par le réseau Elles aussi :

« Parité : la démocratie en mouvement, Elles aussi depuis 20 ans »

Dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes

A VILLENEUVE D’ASCQ

20 novembre, Cinéma Le Mélies, rue Trudaine, 19h, projection du film :

« viol, arme de guerre »

Suivi d’un débat sur le thème « femmes et résilience », à l’initiative de l’association Mères pour la paix.

29 novembre, Cinéma Le Mélies, rue Trudaine, 14h, projection du film :

« le paradis des bêtes » d’EstelleLarrivaz

Suivi d’un débat sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, à l’initiative de l’association Louise Michel.

A EMMERIN

24 novembre, place du marché, 10h30-12h, sit- in contre les violences faites aux femmes, à l’initiative des membres de la commission municipale « Droits des femmes, droits et devoirs des familles ».

A LILLE

25 novembre, cinéma l’Univers, 16 rue danton, 18h, projection du documentaire :

« Ladies Turn » de Hélène Harder

L’histoire et l’univers de joueuses de football féminin au Sénégal. En présence de la réalisatrice. Film proposé par la commission femmes de Sud Education.

28 novembre, cinéma l’Univers, 16 rue Danton, 18h30, projection du film :

« L’enfer » de Claude Chabrol

Suivi d’un débat sur les violences au sein du couple, à l’initiative de l’association Femmes solidaires de Lille.

Du 13 au 30 novembre, la ville de Lille s’engage pour sensibiliser le grand public et les personnes relais (centres sociaux, associations) sur les actions menées pour lutter contre les violences faites aux femmes et pour la défense de leurs droits. Multiples manifestations dans les quartiers, voir sur le site de la mairie.

C’est  la date de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, fixée il y a plus de 10 ans par les Nations Unies en hommage aux trois sœurs Mirabal, jeunes femmes dominicaines issues de la bourgeoisie aisée, militantes pour la liberté, assassinées le 25 novembre 1960 sur ordre du chef de L’Etat.

En France, une femme sur dix est victime de violences conjugales et une femme est tuée par son conjoint tous les 3 jours.

Viols, coups, menaces, chantage, harcèlement, injures, séquestration, « crimes d’honneur », mariages forcés, prostitution, violences économiques, dénigrement…les violences à l’égard des femmes parce qu’elles sont des femmes, exercées au sein de la famille ou en dehors, peuvent aller jusqu’au meurtre ; « faits divers » dans les médias, elles ne suscitent pas d’indignation politique comme les actes racistes. Pourtant ces violences constituent une violation des droits fondamentaux des femmes à l’intégrité, à la liberté, à l’autonomie.

Ces dernières décennies, le Mouvement des femmes et une volonté politique d’égalité ont  forcé l’ouverture de nouveaux droits pour les femmes. Des obstacles sont tombés et les violences qui les ciblent précisément, sont là pour leur faire battre en retraite, pour les décourager de continuer à aller de l’avant : qu’il s’agisse d’un acte sexuel imposé, de coups, de mots d’insulte ou de harcèlement dans la rue ou au travail… Pourquoi tant de haine ? Quelle peur, quelle blessure insupportable, quels dangers  font courir à certains la réussite scolaire des filles, la ténacité des femmes à progresser et à investir peu à peu tous les domaines du savoir, de l’entreprise, de la  politique, leur désir  à vouloir vivre indépendantes ?

En écho, vient la chaîne des violences dont les femmes sont victimes de par le monde :

– plus de cent millions de femmes manquent à l’appel en Asie : des petites filles supprimées avant de naître, ou à la naissance ou laissées mourir faute de soins,

– dans toutes les guerres, dans tous les pays, le viol est massivement utilisé contre les femmes comme une arme,

– des centaines de milliers de femmes meurent encore de grossesses et d’accouchements difficiles, d’avortements peu sûrs, de violences conjugales…

 

Faisons de cette journée du 25 novembre un moment de prise de conscience de l’étendue de la violence endémique contre les femmes et un moment de réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour en finir avec ce scandale des violences contre les femmes.

le 21 novembre 2012

Le rapport Jospin  a été rendu public le 9 novembre. Certains ont parlé de Big Bang politique, mais au regard de la parité l’affaire est plus modeste. « Renforcer la parité entre les femmes et les hommes » était l’un des objectifs assignés à la commission présidée par l’ancien premier ministre. Les mesures préconisées pourront la renforcer, si tant est qu’elles soient adoptées. Mais sans plus.

      Il faut saluer le point très positif qu’est la rupture affirmée avec les pratiques de cumul des mandats, proposée à l’application dès les prochaines élections locales (2014). C’est l’une de nos exigences depuis 10 ans.  Rendre incompatible le mandat parlementaire (député ou sénateur) avec tout  mandat  électif  autre qu’un mandat local-simple  (conseiller municipal, régional, général), dégagera l’accès des postes de responsabilités pour des femmes, mais aussi pour d’autres qui actuellement en sont exclus. Rappelons que les femmes ne représentent actuellement  que 13% des maires dans le  Nord et 9% dans le  Pas de Calais (13,8% en France), elles  sont à peine 8% des présidents d’intercommunalités dans la région. Mais rien n’est dit sur le cumul dans le temps : cette situation bien connue de longue carrière politique construite sur une succession d’un même mandat de maire ou député. Nonobstant, la proposition reste forte et courageuse, car sa mise en acte demandera une solide volonté, au vu récemment des réactions locales, largement médiatisées, d’élu-e-s PS à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, refusant d’abandonner leur mandat exécutif local et d’obéir ainsi à l’injonction de leur parti.

      Les propositions sur les modes de scrutin pour les élections législatives et sénatoriales restent très en deçà de nos attentes. Revenir au scrutin de liste paritaire dans les départements  qui élisent trois sénateurs (au lieu de quatre actuellement) n’apportera pas de changement majeur, vu les pratiques de détournement  bien connues qui consistent à multiplier les listes dissidentes menées par des hommes. Rappelons que lors des dernières élections sénatoriales, sur 112 sièges en jeu par scrutin de liste, les femmes n’en ont décroché que 39 (soit 35%). Quant aux législatives, c’est la stabilité gouvernementale qui prime et le statu quo est à peine altéré. Le scrutin binominal est écarté comme imposant un redécoupage des circonscriptions de trop grande ampleur. Proposer  10% de sièges au scrutin de liste paritaire dans une circonscription nationale, n’impose que la suppression de 58 circonscriptions – opération légère, quand on se souvient qu’entre 2007 et 2012, le Nord en a perdu trois et le Pas de Calais deux. Cela permettra idéalement l’arrivée de 29 femmes, pas de quoi craindre la révolution!

Refusée, la modulation de l’aide financière en fonction du nombre de femmes élues, refusée également la suppression de l’aide publique aux partis qui ne présenteraient pas des candidatures paritaires, cette dernière est seulement alourdie. On a vu qu’elle était sans effet sur les grands partis

Répétons le : les femmes sont plus de la moitié de la population et du corps électoral, elles représentent l’Universel de la République aussi légitimement que les hommes et il ne peut y avoir de réelle démocratisation sans leur participation à l’élaboration des lois, au bénéfice de tous.

Le 14 novembre 2012