juillet, 2012

L’étude annuelle de la Conférence des grandes écoles (CGE) sur le devenir des diplômé-e-s montre que les écarts de salaire et d’emploi entre hommes et femmes persistent chez les ingénieur-e-s et les  managers .

Le document, publié le 19 juin 2012, montre que les femmes qui sortent de ces établissements de haut niveau ont, de manière récurrente, des conditions d’insertion professionnelles moins bonnes que celles de leurs homologues masculins. « Les indicateurs leur sont systématiquement défavorables, souligne l’étude . Seulement  les deux tiers d’entre elles ont décroché un CDI contre les trois quarts de ces messieurs . Un phénomène accentué chez les femmes ingénieures ( seuls 69,6 % de CDI). Elles seront également moins nombreuses à obtenir un poste de cadre ( 81,2 % contre 91,9 % chez les hommes ) .

Le constat vaut aussi pour le niveau de salaire . Une femme ingénieure nouvellement embauchée sera payée, en moyenne, 31865 euros brut sur l’année ; un homme 33556 euros . Même différentiel pour les postes de managers : 32830 euros pour les femmes contre 35249 euros pour les hommes .  » De manière générale, les salaires diminuent lorsque la proportion de femmes dans le secteur augmente « , note encore l’étude . Ces écarts persistent depuis des années .

Comment l’expliquer ? La CGE reste prudente et se refuse à parler de discrimination . « Ce phénomène est surtout lié au secteur d’activité choisi et à la fonction exercée », estime Bernard Ramanantso, président de HEC Paris. Au sein des entreprises les femmes exercent aussi dans des services moins rémunérateurs. On aura tendance à retrouver les  » manageuses  » aux relations humaines, à la communication ou au marketing tandis que les » managers  » sont plus proches de la direction générale ou des services de gestion et des finances .

Au delà du constat la CGE ne semble pas très motivée pour faire bouger les choses . « Il ne faut pas forcément chercher la polémique », glisse même Florence Darmon, directrice de l’Ecole spéciale des travaux publics . « Le niveau de satisfaction dans l’emploi n’est pas toujours lié au salaire. Et peut-être que les femmes se contentent de moins aussi … ». Ben voyons !

Extrait de l’article de Laurent Mouloud publié dans L’Humanité, le 20/06/2012.

Pour en savoir plus, consultez l’enquête d’insertion 2012 de la CGE.

Le 11 juillet 2012

 

 

C’est la rentrée à l’Assemblée nationale. Coup d’œil sur les cumuls.

Lors des dernières élections législatives, la Région et particulièrement le département du Nord ont montré leur forte résistance à faire accéder des femmes à la représentation nationale (2 femmes élues dans le Nord pour 21 députés et 2 dans la Pas de Calais pour 12 députés). Sur le plan du cumul des mandats le tableau n’est pas meilleur.

Laissant de côté les délégations dans les intercommunalités, on compte seulement 20% des député-e-s élu-e-s en 2012 avec ce seul mandat, alors que 78% d’entre eux sont membres d’un exécutif local (20 sont maires, 4 sont vice-présidents du conseil régional ou d’un conseil général).

Cet accaparement se conjugue aussi dans le temps : pour 8 députés du Nord c’est un quatrième mandat au moins qui commence !

Le cumul est une exception française en Europe. La concentration des mandats entre les mains d’une classe politique, majoritairement masculine, qui ne se renouvelle pas est une cause de sclérose de la démocratie et d’absentéisme des parlementaires.

A gauche, la fin du cumul est une revendication militante, à gauche comme à droite c’est une revendication des femmes et de toutes les catégories qui se trouvent actuellement exclues de la représentation nationale. En 2009, les militants socialistes ont voté à plus de 70% la règle suivante : pas de cumul d’un mandat parlementaire avec un exécutif local et une limitation à trois mandats exécutifs successifs, avec septembre 2012 comme date butoir ; Le PS tiendra-t-il ses promesses ? Certains élus  ont abandonné leurs mandats locaux ou s’y sont engagés publiquement. Nous interprétons ces gestes comme un signe d’évolution positive. Mais nous sommes sans illusion, si la réduction du cumul des mandats est portée par l’opinion publique et semble inéluctable pour bon nombre de responsables politiques locaux, nous nous attendons à une longue guerre d’usure pour l’établissement d’une règle de non cumul…

Pour élargir le point de vue, on peut lire un état de la nouvelle assemblée nationale sur le site du journal Le Monde

Le 9 juillet 2012