juin, 2012

La région au piquet, pour la parité !

Nous avions sonné l’alerte en mai, lors du dépôt des candidatures aux élections législatives 2012, et la preuve est donnée une fois de plus de la difficulté  des partis politiques  de gouvernement à admettre que la société est composée d’hommes et de femmes et que les hommes ne sont pas seuls à pouvoir représenter l’universel de la République : la prochaine assemblée comportera environ  27% de femmes, avancée importante  pour les uns, faible progression pour les autres quand un « principe de parité », malheureusement amoindri en « principe d’égal accès aux mandats électoraux et fonctions électives » est inscrit dans la constitution depuis plus de 12 ans.

Que le conservatisme  soit  rassuré, dans le Nord Pas de Calais, l’accès des femmes à l’Assemblée Nationale reste bien contrôlé[1] : deux femmes sont élues dans le Nord et deux dans le Pas de Calais ; dans ce département,  il y en aura une troisième si le député élu au premier tour de la 5ème circonscription, reste ministre. Nous saluons le courage et l’énergie de celles qui ont mené bataille, quelquefois perdue d’avance ou dans des conditions difficiles, et bien évidemment tous nos espoirs de transformation vont vers celles dont le talent et l’engagement ont su triompher.

Mais nous prenons acte aussi de l’hypocrisie des responsables politiques locaux, droite et gauche confondues, que l’on a entendu en campagne, discourir sur l’évidence naturelle de l’exigence de parité et la nécessité pour légiférer, d’une représentation équilibrée entre les hommes et les femmes. L’épreuve des faits contredit leur propos : 40% de femmes candidates au premier tour (ce qui n’est pas l’égalité), 25% au second tour et au final si peu d’élues dans la région (15%); alors que les trois quarts des hommes élus sont des députés sortants et  qu’un homme élu sur trois va entamer son quatrième mandat, voire plus (l’un d’entre eux est même élu depuis 1978 !). Aux femmes les circonscriptions difficilement gagnables, aux hommes les rentes de situation.

 Les lois successives ont montré leurs limites dans leur refus de remettre en cause les habitudes électorales de notre pays (mode de scrutin, cumul des mandats, statut de l’élu-e) et sans une volonté politique forte, relayée par la nouvelle assemblée, la situation restera bloquée. Mesdames et Messieurs nos député-e-s fraîchement élu-e-s, osez faire de la parité la clé d’une démocratie représentative moderne et juste.

Lille, le 18 juin 2012, contact : Anne-Marie Marmier, 0607960664, contact@parite5962.org

                                                                                  



[1] En 2007 le Nord était le département français où le nombre de sièges d’écart à la parité (10) était le plus grand, le Pas de Calais avec un écart de 4 sièges restait aussi à la queue (132ème sur 140)-source OPFH.

Gouvernement finlandais le 22 06 2011 (Roni Pekomaalehtikuva/AFP)

Parité, comparaison France/Finlande

 

Le premier gouvernement  Ayrault  a de la gueule . Une belle vitrine de 17 femmes sur 34 ministres …

Pour lire la suite taper le lien :

http://www.rue89.com/rue69/2012/06/13/francaises-une-petite-lecon-de-parite-la-finlandaise-232956

Assemblée Nationale

Législatives 2012 – Compte rendu des réponses de candidat-e-s

 

Avec 225 candidats dans la Nord, dont 88 femmes, pour 21 sièges à l’Assemblée Nationale, et 135 candidats dans le Pas de Calais, dont 55 femmes, pour 12 sièges, voilà notre région tout juste à la moyenne française de 40% de candidatures de femmes. Mais la majorité d’entre elles se présentent pour de petites formations dont beaucoup sont à peu près inconnues et les deux partis les plus importants, l’UMP surtout et le PS, sont à la traîne (particulièrement dans le Pas de Calais où chacun d’entre eux ne présente que 2 femmes!)

L’observatoire régional  de la parité a transmis un questionnaire à environ 170 de ces candidat-e-s, il a obtenu en retour 26 réponses (18 pour le Nord et 8 pour le Pas de Calais), émanant en majorité d’hommes (16 hommes et 10 femmes) et en majorité porteuses de valeurs de  gauche (un quart seulement des réponses sont identifiées UMP ou NC). Réponses allant de quelques mots à quelques pages, sortant souvent par des remarques ou des engagements personnels de l’énonciation stricte des programmes des partis. Qu’ils et elles soient tous et toutes remercié-e-s pour cet exercice de démocratie de proximité.

Des  approches différentes

Le cadre général des réponses dessine une approche différente de la liberté, entre une gauche globalement  décidée à utiliser la loi pour fixer des règles et faire évoluer les pratiques politiques visant plus largement une meilleure égalité dans tous les domaines, et une droite plus encline à penser que les choses évoluent dans le bon sens et qu’il faut davantage agir sur les incitations que sur les contraintes. Deux conceptions de la parité politique s’enroulent  et s’opposent ainsi : est-elle un levier pour mettre en mouvement une société toute entière vers un mode de fonctionnement tourné vers le partage  et la mise en commun, ou bien est-elle l’aboutissement d’un changement culturel à l’œuvre qu’il suffit de laisser agir ?

Cette ligne de fracture gauche/droite  s’estompe quand il s’agit des freins évidents à l’accès des femmes au politique : cumul des mandats et résistance des partis à investir des femmes. Les femmes sont alors beaucoup plus claires : sept d’entre elles, tendances partisanes confondues sont pour un  mandat de député unique, deux autres sont pour le non cumul d’un mandat de député avec un exécutif local et s’engagent à démissionner de leur mandat d’adjointe au maire si elles sont élues. Sous différentes formulations, elles insistent sur la formation interne pour faire évoluer les pratiques des partis politiques, reconnaissent que c’est un combat de longue haleine et aspirent à des contraintes financières réellement dissuasives au niveau des candidatures et des résultats.

Quels sont les points d’accord ? 

On trouve une belle majorité pour étendre le scrutin de liste paritaire à toutes les communes, et un beau consensus également pour la parité au sein des délégations dans les intercommunalités sans que ce dernier point soit réellement précisé. Quelques voix contre toute contrainte paritaire

Le renforcement des pénalités financières pour faire progresser la parité dans les partis politiques constitue la moitié des réponses exprimées clairement.

Les opinions convergent vers l’idée d’une loi pour limiter le cumul de mandats simultanés, cela paraît inéluctable, mais beaucoup pensent qu’un mandat local qui peut être sans responsabilité exécutive est nécessaire pour rester en contact avec les électeurs et la réalité du terrain. Plusieurs penchent pour limiter les mandats successifs de député à 2 ou 3, deux candidats s’y opposent fermement invoquant la liberté des électeurs, et beaucoup ne répondent pas clairement à cette interrogation. Il faut noter qu’un candidat propose que la règle applicable pour le Président de la République fasse jurisprudence.

Toutes les réponses s’accordent sur le besoin de revoir le statut de l’élu-e local-e, sans préciser au-delà, pour une meilleure indemnisation et, surtout, pour mieux  concilier l’exercice du mandat avec une activité professionnelle à retrouver en fin de mandat.

Tous et toutes prônent une étroite association de travail avec leurs suppléant-e-s, relais de terrain et force de proposition. Est-ce alors un parfait militant- bénévole ? On peut se le demander. (noter que parmi les réponses 12  couples titulaire/suppléant sont paritaires, 11 couples sont constitués de 2 hommes  et l’un est formé de 2 femmes)

Quelles mesures urgentes pour les femmes ?

Les réponses sont riches et variées, elles signalent toutes un ou plusieurs points en rapport avec l’indépendance économique des femmes : égalité professionnelle au sens large (salaires, formations professionnelles, réduction de la précarité et du temps partiel subi, etc.). Six d’entre elles y intègrent des recommandations concernant les enfants (crèches et lieux d’accueil, congé de parentalité,  accompagnement particulier des femmes élevant seules leurs enfants, etc.)

La lutte contre les violences faites aux femmes est aussi beaucoup citée, elle inclut la prévention, la fermeté par rapport à toutes les formes de discrimination et représentation sexistes (publicité, média), et en priorité de rétablir un dispositif de loi sur  le harcèlement sexuel.

Six réponses demandent l’introduction d’une culture de la parité et de l’égalité dans l’éducation.

Six réponses recommandent la parité dans toutes les instances de la vie publique et la laïcité républicaine est aussi invoquée.

 

Merci pour leurs réponses à : Jean-Pierre ALLOSSERY, Hamid BOUJNANE, Thomas BOULARD, Alain CACHEUX, Jean-Jacques CANDELIER, Jean-Jacques COTTEL, Jean-Pierre DECOOL, Angélique DEFFONTAINE, Martine FILLEUL, Bernard GERARD, Francine HERBAUT-DAUPTAIN, Françoise HOSTALIER, Philippe KEMEL, Audrey LINKENHELD, Jacqueline MAQUET, Arnaud MARIÉ, Hervé-Marie MORELLE, Mireille MORELLE, Hervé POHER, Hervé POLY, Bernard ROMAN, Sandrine ROUSSEAU, Nadine SAVARY,  Jean SCHEPMAN, Lisette SUDIC, Jean URBANIAK.

                                                                                                                                                                                                                      Actualisation 15 juin 2012

tableau de synthèse des réponses