avril, 2012

A compulser : une étude parue en mars 2012, du Conseil Economique Social et Environnemental : Bilan de l’application des dispositifs promouvant l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, www.lecese.fr/travaux-publies/ .

 L’étude met en évidence l’apport des lois qui se sont succédées permettant de  lentes avancées, mais aussi leurs difficultés d’application et les résistances à leur mise en œuvre ; après une analyse des nombreux freins, elle présente un ensemble de propositions pour améliorer leur application, insiste sur la nécessité qu’un plus grand nombre de femmes soient impliquées dans les instances de négociation collective, et en appelle à ce qu’une volonté politique se manifeste clairement pour développer une culture de l’égalité sous la houlette d’un pilote bien identifié : un ministère de plein exercice chargé des droits des femmes.

 

 Etat résumé de la situation :

« près de 30 ans après son instauration par la loi, plus de la moitié des entreprises ne réalisent toujours pas de Rapport de situation comparée (RSC). Seuls 13 % des accords de branche et 9 % des accords d’entreprises conclus en 2010 traitent de l’égalité professionnelle en se fixant comme objectifs : la mixité des emplois et des recrutements, la féminisation de l’encadrement, l’articulation des temps de vie ou la réduction des écarts de rémunération.[…] Les femmes les plus diplômées restent sous-représentées dans les instances de décision (14 % d’administratrices dans les 500 plus grandes sociétés françaises, 21 % dans les emplois de direction de la Fonction publique d’État), les moins qualifiées cumulent les discriminations : travail à temps partiel (féminisé à 82 %) sous-emploi et bas salaires. En outre, l’inégale répartition des charges familiales freine le parcours professionnel des mères. Toutes ces causes contribuent au maintien d’un écart de rémunération entre femmes et hommes : 19 % pour les travailleurs à temps complet, 23 % pour les cadres. »

Et dans le Nord Pas de Calais, qu’en est-il ? On attend qu’une telle étude soit déclinée dans la région et menée à l’initiative du CESER .

Le 4 avril 2012

 

 

Le mois de mars a vu la parution de nombreuses statistiques sur la situation professionnelle des femmes, et l’impression prévaut d’une situation en impasse malgré l’accumulation depuis 30 ans  de lois sur  l’égalité professionnelle, peu ou pas appliquées. Force est de constater qu’il est insuffisant d’aménager par petites touches un monde du travail organisé par les hommes et par rapport aux hommes, dans lequel on demande aux femmes de s’adapter, un monde du travail où la maternité est de fait un handicap à l’égalité. Et, à l’heure de la retraite, la société fait payer aux femmes les efforts qu’elles déploient pour concilier vie professionnelle et vie familiale. Cessons de bricoler, il faut penser un nouveau modèle en rapport avec le réel de la vie des femmes qui ont massivement investi  le monde du travail, et le faire avec elles, et non sans elles. Il faut  réaliser la parité : donner aux femmes des moyens suffisants pour agir et transformer l’organisation du travail, et  pour cela accéder suffisamment nombreuses aux pouvoirs de décision et aux responsabilités dans les gouvernements, les cabinets ministériels, les entreprises, la fonction publique, les syndicats…

Nonobstant, il est intéressant de confronter les différents regards sur la parité portés par l’INSEE (mars 2012) : Femmes et hommes-regards sur la parité– Insee Références) www.insee.fr/fr/publications-et-services/ , et par l’INSEE Nord- Pas de calais (janvier 2012) : Pages de Profils n°100, ou Femmes en Nord-Pas de Calais (Regards sur la parité 2006)[1] www.insee.fr/fr/regions/nord-pas-de-calais/:

–          Les femmes investissent de plus en plus le monde du travail, avec des interruptions plus fréquentes et un chômage toujours  plus important que celui des hommes, même s’il s’en rapproche. (66% des femmes ont une activité professionnelle, 60% dans la région). Mais dans notre région, le taux d’emploi des femmes est inférieur  à ce qu’il est en moyenne en province et le pourcentage de femmes qui restent à la maison est plus grand (presque 19% contre 13%), le taux de chômage des femmes (près de 16%) y est également supérieur (12,5% en province).

–          Les femmes sont de plus en plus qualifiées (39% des cadres sont des femmes), mais elles occupent deux tiers des emplois non qualifiés, et à 90% assurent les services à la personne. Leur place se situerait-elle entre précarité et plafond de verre ?

–          Il y a toujours plus de femmes à temps partiel (31% des femmes contre 7%  des hommes) et en sous emploi (9% des femmes contre 3% des hommes). Les femmes forment environ trois quarts des personnes en sous emploi. Dans la région, les femmes occupent davantage d’emplois à temps partiel (c’est le lot de 34% des femmes)

–          Les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs de 25% à ceux des hommes. Les facteurs : temps partiel, postes moins qualifiés, parcours discontinus n’expliquent pas tout ; un écart résiduel évalué à 7% demeure après prise en compte de ces différences de parcours.

–          En conséquence, les retraites sont plus faibles que celles des hommes, de l’ordre de 30% pour la génération née en 1950.

Une question : comment interpréter les difficultés des femmes de la région  par rapport aux autres régions : une moindre ambition des jeunes filles allant avec un moindre niveau de diplômes, un premier enfant né plus tôt et des enfants en plus grand nombre, des familles monoparentales (c’est à dire 9 fois sur 10 des femmes élevant seules leurs enfants) plus fréquentes qu’ailleurs et avec un nombre plus élevé d’enfants… ?

A consulter : l’article de l’économiste Jean Gadrey « Economie, nom masculin » sur le site du journal en ligne www.lesnouvellesnews.fr

le 4 avril 2012

[1] Edition a laquelle a collaboré l’Observatoire régional de la parité.