février, 2012

8 mars, journée internationale des femmes

Chaque 8 mars dans le monde, des femmes indépendantes manifestent pour leurs droits sexuels, économiques et sociaux, politiques, contre les violences et les inégalités.

Partout dans le monde, des femmes se mobilisent à la pointe de la démocratie, comme l’ont montré lors du printemps 2011, les tunisiennes, les égyptiennes, les algériennes… engagées avec les hommes pour faire plier des régimes corrompus et autocratiques, oubliées un an après dans les arrangements de partage des pouvoirs, toujours là tenaces pour dénoncer ceux qui flirtent avec la loi islamique pour réduire leur liberté.

Ici dans cette Europe où les droits des femmes sont les plus aboutis, c’est aussi le moment privilégié pour le débat, l’information, l’action politique. En France dans cette campagne présidentielle, pacte, charte, propositions se multiplient sur le thème de l’égalité. Dans notre association nous tenons à lier cet objectif d’égalité à l’idée de parité. L’idée est européenne avant d’être française : principe et stratégie pour dynamiser notre démocratie impuissante à  faire cesser l’exclusion des femmes de l’espace politique et de tous les espaces de prise de décision afin de dépasser les impasses d’une égalité formellement écrite comme règle de droit mais où les inégalités sont la règle de fait (que veut dire cet empilement de lois pour l’égalité dans tel ou tel domaine, non appliquées ou inapplicables, alors que les femmes n’en sont pas parties prenantes comme conceptrices, bénéficiaires et actrices ?)

Le pouvoir politique est aux postes de commande et depuis 10 ans la progression laborieuse vers l’égalité dans les mandats électifs est  freinée par des détournements et des résistances à la mesure du changement espéré. L’Observatoire régional de la parité après avoir dénoncé la réforme des collectivités territoriales, véritable régression démocratique et  naufrage annoncé de la parité, ne cesse de mettre au jour la résistance de certains partis de gouvernement  à investir des femmes. Preuves en sont en 2011, les élections cantonales où la proportion de conseillères générales a diminué dans chacun des départements de la région, les élections sénatoriales où le nouveau sénat compte moins de femmes que le précédent ; et nous ne pouvons qu’une fois de plus nous indigner devant l’hypocrisie de ces mêmes partis dans la préparation des législatives.

La parité dans les candidatures requise au niveau national, permet d’occulter le scandale de certaines situations locales (ainsi au PS ou à l’UMP, 2 femmes investies sur 11 dans le Pas de Calais), et majoritairement  les candidates sont reléguées dans des circonscriptions non gagnables. La révolte des candidates évincées ou reléguées n’émeut guère les médias et pas du tout les états major des partis. La culture misogyne ordinaire recouvre leur indignation, mais toutes les femmes sont également indignées par ce machisme qui s’étale sans vergogne, ignorant le travail politique de terrain accompli par ces femmes.  En 2007,  2 femmes ont été élues dans le Nord (sur 24 députés)  et 3 femmes dans le Pas de Calais (sur 12 députés) ; la situation en 2012  risque d’être aussi honteuse. Nous ne nous lasserons pas de convaincre pour exiger : la parité dans toutes les élections – un  strict cumul des mandats en parallèle ou dans le temps – une modernisation du statut de l’élu-e.

Quand la société française, et particulièrement sa classe politique, comprendra-t-elle que le partenariat et la parité entre les femmes et les hommes, au-delà d’un aspect quantitatif, est  une réponse au sexisme et à la peur de l’autre, un levier de démocratisation ? En ce 8 mars, nous saluons celles et ceux qui dans les partis ou ailleurs,  par leurs actes, font au quotidien avancer ce mouvement civilisateur de parité.

Parité politique : les investitures pour les législatives, annoncées au PS ou à l’UMP, laissent prévoir un léger progrès dans les candidatures des femmes au premier tour et de nouveau peu d’élu-e-s  au final.

Les partis, selon la constitution, contribuent à la mise en œuvre du principe de parité ; mais  seul le parti des Verts a inscrit la parité dans ses statuts et sa pratique. Après les vertueuses déclarations d’intention, c’est une résistance maximale à investir des femmes qui est pratiquée à l’UMP cyniquement et au PS à un moindre degré.

Parité requise dans les candidatures ? On généralise au niveau national, ce qui permet d’occulter le scandale de certaines situations locales (par exemple : au PS ou à l’UMP, 2 femmes investies sur 11 dans le Pas de Calais). L’UMP déclare faire l’effort de 38% de candidatures de femmes et préférera subir des pénalités financières.

La parité dans les candidatures est acquise au PS, mais sans scrupule on ne prévoit qu’un tiers de femmes élues, ainsi dans le Nord sur les 8 femmes investies, 5 le sont dans des circonscriptions attachées à des ténors de la droite locale, alors que le secrétaire national du parti n’hésite pas, lui, à se parachuter sans vergogne dans une circonscription réservée à une femme ; même tableau à Paris où l’UMP ne place aucune femme dans une circonscription gagnable.

La révolte des candidates évincées ou reléguées dans des circonscriptions non gagnables n’émeut guère les médias et pas du tout les états major des partis. La culture misogyne ordinaire recouvre leur indignation, mais toutes les femmes sont également indignées par ce machisme qui s’étale triomphant en ignorant le travail politique de terrain accompli par certaines.

En 2007,  2 femmes (UMP) ont été élues dans le Nord sur 24 députés  et 3 femmes(PS) ont été élues dans le Pas de Calais sur 12 députés ; la situation en 2012 ne risque pas d’être plus brillante.