Le 3 octobre (2016), 100 000 Polonaises ont manifesté pour condamner la proposition de loi visant à interdire totalement l’interruption volontaire de grossesse. Vêtues de noir, elles   arboraient un cintre, symbole des avortements clandestins. Face à cette mobilisation soutenue par 67% de la population polonaise, la commission de la justice et des droits de l’homme  du Sejm (la chambre basse du Parlement polonais) a rejeté le 5 octobre la proposition de loi. La presse française*  a parfois présenté cette décision comme la victoire des femmes polonaises. Or, le 12 octobre, Jaroslaw Kaczynski, président du PiS ( Droit et Justice) au gouvernement depuis octobre 2015, annonçait que son parti souhaitait toujours limiter l’accès à l’avortement, suscitant une deuxième «  grève des femmes » le 24 octobre. Qu’en est-il donc du droit à l’avortement en Pologne ?

La Pologne, un des cinq pays d’Europe, à ne pas autoriser l’IVG, sauf circonstances exceptionnelles

La loi polonaise actuelle, votée en 1993,  n’autorise l’avortement dans les 12 premières semaines de grossesse que dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l’embryon, grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Les quatre autres pays sont Chypre, Andorre, l’Irlande et Malte. A Chypre, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de problèmes médicaux, de viol ou de malformations du fœtus. En Andorre, l’avortement est interdit sauf s’il y a un vrai risque pour la santé de la femme.  En Irlande, depuis 2013, l’IVG n’est permis que si la femme court un « risque réel et susbstantiel » qui doit être justifié par deux médecins. En juillet 2016, un projet de loi visant à légaliser l’avortement sans condition a été rejeté. Enfin, Malte interdit strictement l’avortement quelle que soit la situation.

Dans tous ces pays, les peines encourues peuvent aller jusqu’à trois ans de prison pour la femme et le médecin qui a pratiqué l’IVG : c’est le cas de la Pologne.

Le débat parlementaire à partir du 22 septembre 2016 a opposé deux camps

La Diète polonaise a examiné depuis le 22 septembre 2016, deux initiatives populaires : l’une pour la libéralisation du droit à l’avortement, et l’autre visant au contraire à le restreindre. Le premier texte a été préparé par le Comité « Sauvons les Femmes (Ratujmy Kobiety) », et il vise à faciliter l’accès des femmes à l’interruption volontaire de grossesse. Les femmes pourraient librement avorter dans un délai de trois mois. Il y est également question d’améliorer l’accès à la contraception ainsi qu’à l’éducation sexuelle et  à la planification familiale. Le Comité « Stop à l’Avortement (Stop Aborcji) »  est à l’origine de la seconde proposition de loi : ses militants demandent la protection du fœtus dès sa conception. Ils justifient leur revendication par la Constitution polonaise, qui garantit le droit à la vie à tous les citoyens. Selon eux, un enfant a des droits avant même d’être né. Cette proposition de loi prévoit une sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison aussi bien pour la femme elle-même que pour toute personne qui l’aidera à avorter.

Le comité « Stop à l’avortement » est soutenu par le clergé catholique qui avait appelé en avril à cette interdiction, mais en se prononçant contre la pénalisation en justice des femmes. Bien que la séparation entre l’Eglise et l’Etat soit inscrite dans la Constitution polonaise de 1997, le clergé catholique est omniprésent dans les affaires de l’Etat polonais. Il constitue une autorité morale incontournable, héritée de son soutien moral, logistique et financier à la résistance au régime communiste dans les années 1980. Dès 1989, lors de l’effondrement du communisme en Pologne, l’Eglise a su s’imposer comme un groupe d’influence. Elle a réussi au début des années 1990 à introduire le catéchisme à l’école publique, catéchisme financé par l’Etat sans que les pouvoirs publics aient de droit de regard sur le contenu des programmes.

Dans ce pays où 90% de la population se déclare catholique contre 8% d’athées, ce rôle de l’Eglise catholique dans les affaires publiques ne pose pas de problèmes : selon le CBOS, institut de sondage polonais, la religion à l’école est acceptée par 82% des sondés et 60% des Polonais tolèrent que l’Eglise s’exprime publiquement sur les questions morales. Enfin, 70% de la population est pour le maintien du statu quo actuel sur l’avortement. Le camp laïc essentiellement représenté par l’intelligentsia urbaine est très influente dans le débat public mais largement minoritaire en proportion. La sécularisation de la société polonaise est lente , elle se traduit par une baisse continue de la pratique religieuse : en 2013, la fréquentation desmesses dominicales est passée sous la barre des 40% des croyants , alors qu’elle atteignait les 50% au début des années 2000.

L’interdiction de l’interruption volontaire de grossesse dans le pays ne va sans doute pas freiner l’émigration des jeunes, chose que le parti promettait de résoudre lors de sa campagne. Les avortements clandestins ne risquent pas de disparaître non plus, au contraire : toutes les femmes n’ont pas les moyens de partir dans une clinique à l’étranger. L’interruption « souterraine » de grossesse deviendrait une solution systématique pour toutes les femmes ne souhaitant pas perdre leur vie en accouchant, ou n’ayant pas les moyens matériels de s’occuper d’un enfant gravement malade à la naissance. Ou encore pour les jeunes filles violées ne voulant pas élever l’enfant de leur agresseur. Comme l’a dit la députée Kamila Gasiuk-Pihowicz du parti .Moderne (.Nowoczesna, droite libérale) : « L’avortement a existé, existe et va exister. Cette loi ne va pas l’empêcher, elle fera seulement que les femmes pauvres vont le pratiquer clandestinement, et les femmes riches – dans les cliniques allemandes ».

 

Cette politique d’interdiction totale de l’IVG participe plus largement à   une politique conservatrice et populiste émanant du PiS.

La polémique sur le droit à l’avortement s’inscrit en Pologne dans un débat plus large  entre les conservateurs (le parti Droit et Justice, le PiS et ses alliés) et les libéraux (la Plateforme Civique est ses alliés). En effet, lors de la première lecture des deux propositions de loi, tous les députés de Droit et Justice se sont prononcés pour l’interdiction de l’IVG – étant donné qu’ils ont la majorité absolue à la Diète, ils ont largement remporté le vote. L’hiver dernier, les choses se sont déroulées de la même façon pour nommer de nouveaux juges (choisis par le parti au pouvoir) au Tribunal constitutionnel et pour un contrôle renforcé des médias publics. Il s’agissait de remplacer ces juges et journalistes par des sympathisants du parti. Aujourd’hui, il s’attaque aux droits des femmes défendus par les libéraux. Ainsi, par des moyens démocratiques, le parti au pouvoir est en train de supprimer successivement les fondements mêmes de la démocratie.

Le gouvernement polonais entend mener une politique défendant   l’attachement aux valeurs traditionnelles polonaises que sont la famille, l’Eglise et la patrie. A ce titre, Jaroslaw Kaczinski caractérise la démocratie libérale d’  « impossiblisme », il considère qu’elle a été incapable  en 25 ans de transformer la société polonaise : années marquées par les «  pathologies du communisme », le libéralisme économique « sauvage » et la corruption morale et économique de ses élites.  Le PiS a abrogé le principe d’impartialité politique des fonctionnaires et supprimé les concours pour la haute fonction publique. Les purges politiques et le népotisme ont pris une ampleur considérable.  Economiquement, le ministre de l’ économie , Mateusz Morawiecki  a annoncé « la fin du néolibéralisme », le gouvernement développe une politique sociale très dépensière qui vise à aligner le pays sur les pays occidentaux de l’UE : vaste plan d’allocations familiales, construction de logements sociaux. De ce fait, la cote de popularité du  PiS avoisine les 35%, presque son score électoral de 2015.

Enfin, le gouvernement veut faire contrepoids à la « vieille Europe » en se rapprochant du groupe de Visegrad ( Hongrie, République tchèque, Slovaquie et en promouvant sa vision souverainiste de réforme des institutions européennes.

 

Et l’UE dans ce débat qui secoue un Etat-membre ?

L’Union européenne n’est pas compétente pour légiférer sur l’IVG, mais elle recommande tout de même aux États membres de légaliser l’avortement. Au sein  de l’UE, rappelons que  le droit à la vie est inscrit dans la Charte des Droits de 2000 ( art 2) et que la législation sur l’avortement relève des compétences étatiques.   Cette volonté politique effraie le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, qui « appelle à une réaction forte des dirigeant.e.s et autorités Européennes » dans un communiqué officiel. « Le HCE condamne avec la plus grande fermeté cette proposition de loi liberticide et réactionnaire, contraire aux droits humains et, au premier chef, aux droits des femmes« . Devant le parlement, des manifestants pro-choix s’opposent déjà fermement à cette loi.
 

Pays  très catholique, la Pologne présente une des législations les plus restrictives d’Europe. Le gouvernement ultraconservateur du parti  Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski  entend  durcir cette législation , avec le soutien de l’Eglise catholique. Hélas, la Pologne n’est pas le seul Etat à menacer ce droit fondamental qu’est le droit à l’avortement. En Espagne, la tentative d’interdiction de l’IVG en Espagne  en décembre 2013  a échoué mais la  loi de septembre 2015 interdit l’avortement des mineures sans le consentement des parents. En Finlande, l’IVG n’est en théorie légale qu’avant 17 ans, après 40 ans, après quatre enfants ou si la femme justifie de réelles difficultés économiques , sociales ou des soucis de santé. En Italie, l’IVG est légale, mais jusqu’en 70% des médecins se disent «  objecteurs de conscience ».  Les menaces sont donc nombreuses. Restons vigilantes et vigilants Et n’oublions pas que le recul du gouvernement polonais est le résultat de la mobilisation des femmes polonaises.

Dans le cadre de la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes
FEMMES SOLIDAIRES DE LILLE
organise la projection du documentaire
« KIMBIDALE»
Le MERCREDI 18 NOVEMBRE 2015 –  Accueil 18h30 Séance 19h précises au CINEMA L’UNIVERS 16 Rue Georges Danton à Lille (métro Porte de Valenciennes)
Elles disent NON à l’excision et infibulation en pays AFAR Ethiopie

La projection sera suivie d’une rencontre-débat avec la salle

 

Rendez-vous mercredi 29 avril 2015,

à l’initiative de l’Observatoire régional de la Parité.

 

Maison des associations de Lille (72/74 rue Royale).

 

Regards croisés sur la luttes des femmes pour le droit de vote en Angleterre  et en France. Projection à 18h30 précises du documentaire de Michèle Dominici Les suffragettes: ni paillassons, ni prostituées (production Image et Compagnie, diffusion Arte).

Le ministère de la femme est enlevé à Khédija Chérif… suite aux pressions d’Ennahdha ?

Nous vous en avions informé dans la  brève « espoirs de démocratie » ,  mais dès l’annonce du premier gouvernement, il y a plus d’une semaine par Habib Essid, l’extrême droite tunisienne a condamné la nomination de Khedija Cherif, prétextant que cette dernière était islamophobe.

Une femme, militante de longue date, qui œuvrerait pour les droits des femmes et l’égalité, c’était trop beau, car finalement le ministère de la femme aura fait l’objet d’une nomination partisane et atterri chez Afek Tounes, parti social – libéral qui s’exprime au masculin.

Le 3 février 2015

Février 2011,

Un million de femmes et d’hommes manifestent dans 200 villes du pays pour crier leur ras-le-bol à Silvio Berlusconi et dénoncer le système prostitutionnel qu’il a mis en place  pour distribuer aux jeunes femmes des emplois dans les médias ou des postes politiques. Mais ces rassemblements sont aussi une prise de conscience  de la régression des droits des femmes dans ce pays.

En Italie, après les grandes batailles féministes pour le divorce (1974) et l’avortement (1981), tout semble à recommencer, et des Etats Généraux ont  lieu à Sienne en juillet 2011 : le moment d’une démocratie paritaire est arrivé, les priorités liées au droit à disposer de son corps et à la défense de l’accès libre à l’IVG sont toujours là, mais le principal problème c’est le travail  et les choix de procréation en lien avec le travail…. La mobilisation concerne aussi les droits des femmes immigrées de plus en plus nombreuses.

Etat des lieux

Droits sexuels et génésiques : sous la férule de l’Eglise catholique

Une éducation affective et sexuelle inexistante ou aux bons soins  des pouvoirs locaux

Une contraception sans information visible et avec des freins institués

Un accès à l’avortement empêché

Une PMA réservée au seuls couples mariés

Et au final, un renouvellement des générations qui ne se fait pas (1,4 enfant par femme)

Unions, désunions, famille : le poids de la tradition catholique

Un mariage civil optionnel et pas d’union civile de couples homosexuels

Un divorce en forme de chemin de croix même s’il est consensuel

Une autorité parentale partagée, un congé parental peu attractif

Le soin aux très jeunes enfants largement laissé aux familles : manque de structures d’accueil et coûts jugés trop élevés.

L’Italie a reçu en 2012 avec 8 autres pays de l’UE une recommandation  sur l’emploi des femmes et sur la disponibilité et la qualité des services de garde des jeunes enfants.

Violences

Des violences à l’aune de la situation générale en Europe où la violence domestique touche 1 femme sur 3 : une réaction violente d’un machisme latent à l’autonomie prise par les femmes depuis les années 70.

2013 : l’Italie ratifie la Convention d’Istanbul et dans la foulée adopte un décret-loi qui, entre autre introduit le crime de féminicide dans le droit italien

Indépendance économique, socle de toutes les libertés

Des jeunes femmes mieux diplômées que les jeunes hommes, mais une situation des jeunes en général moins bonne que la moyenne de l’UE

Un taux d’emploi des femmes inférieur à la moyenne de l’UE, marqué par le manque de service pour la petite enfance et par le poids du plafond de verre

Relativement, moins de temps partiel et un faible écart salarial

Accès à l’espace politique

Le droit de vote octroyé tardivement aux femmes, en 1945

Une sous représentation des femmes dans toutes les assemblées et leur quasi-absence aux postes de décision

Le changement de 2013-2014 : 31% de femmes à la Chambre des députés et un gouvernement paritaire

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Le 13 mai 2014

Quand près de 12% de la population mondiale est appelée aux urnes.

 

Du 7 avril au 12 mai 2014, 814 millions d’Indiens sont appelés à se rendre aux urnes pour ce qui constitue la plus grande élection législative du monde. En comparaison, la deuxième démocratie du monde, les Etats-Unis, ne compte que 219 millions d’électeurs.

Les citoyens indiens doivent désigner les 543 députés qui siègeront pour 5 ans à  la chambre basse, le Lok Sabha. La nomination du nouveau premier ministre dépendra du résultat des urnes du 16 mai. Tout  dans ces élections apparaît comme hors du commun : l’organisation du scrutin en 9 étapes, l’installation du matériel électronique dans le million de bureaux de vote dispersés dans les 28 Etats qui constitue l’Etat fédéral indien, l’élaboration de bulletins de vote en 22 langues.

Trois  partis  se disputent le pouvoir. Le parti du Congrès, le plus vieux parti indien, est dirigé par  Rahul Gandhi, l’arrière-petit fils de Nehru, le petit-fils d’Indira Gandhi. Si son patronyme est un atout, Rahul Gandhi pâtit de sa personnalité réservée et son manque de charisme. Il peine à incarner le changement : son parti  est au   pouvoir  depuis 2004 avec le 1er ministre Manmohan Singh  et  70% des Indiens s’en disent insatisfaits.  Le BJP, le Bharatiya Janata Party, parti nationaliste hindou de Narendra Modi, est crédité du soutien de 2/3 des électeurs.  Apprécié pour sa gestion du Gujarat dont il est le ministre en chef depuis 2001, Narendra Modi, homme autoritaire est un farouche défenseur de l’Hindutva, l’idéologie extrémiste hindoue  selon laquelle ceux qui ne sont pas hindous ne sont pas Indiens. En 2002,   il fut mis en cause dans les pogroms antimusulmans qui firent au-moins 1200 morts. Le troisième parti, le parti de l’homme ordinaire, Aam Aadmi Party, est récent.  Fondé en 2012, il est dirigé par Arvind Kejriwal, un ingénieur qui s’est fait connaitre pour sa lutte contre la corruption. Il incarne le renouveau politique.

Depuis 1989, tous les gouvernements ont été de coalition. Il y a peu de différences entre les programmes économiques du Parti du Congrès, historiquement marqué par du socialisme redistributif et le BJP de Modi défenseur du libéralisme. Ces deux partis ont annoncé  un renforcement de la politique sociale qui bénéficie déjà d’un financement à hauteur de 4 ,6 % de son PIB. Mais les engagements électoraux sont à relativiser dans la mesure où les décisions de l’Etat fédéral doivent être adoptées par tous les Parlements régionaux pour entrer en vigueur.

La jeunesse est la grande inconnue du scrutin. En Inde, près de 600 millions de personnes ont moins de 25 ans  et près de 65% de sa population, qui se chiffre à 1,2 milliard d’habitants, a moins de 35 ans. Avec l’arrivée  de 100 millions  de nouveaux électeurs depuis les précédentes élections législatives de 2009, les partis politiques se mettent en quatre pour séduire cette jeunesse indienne.  Celle-ci  très attachée à lutter contre la corruption endémique qui touche le pays, pourrait se rapprocher du Parti de l’homme ordinaire.

Un autre souci de cette jeunesse est la sécurité des femmes.  La société indienne est particulièrement violente avec ses femmes : viols et meurtres restés impunis, infanticides de filles. La mobilisation de la société et en particulier des femmes depuis le viol et le meurtre d’une jeune indienne des classes moyennes en décembre 2012 a provoqué la condamnation à mort des agresseurs majeurs. La jeunesse indienne semble vouloir appliquer des lois draconiennes contre les  violences faites aux femmes. D’après le rapport 2009 du Forum économique mondial, l’Inde ne figure qu’au 114e rang du classement de l’égalité entre sexes. Les femmes n’occupent que 23 % des postes d’employés dans les grandes entreprises. Dans les familles pauvres aussi bien qu’aisées, les filles sont victimes d’avortements sélectifs, pour éviter le paiement d’une dot lors de leur mariage. D’après un rapport du Programme des Nations unies pour le développement, l’Inde compte près de 45 millions de « femmes manquantes ».

Autre nouveauté pour ces élections est l’application de la loi du 10 mars 2010, la « Women Reservation Bill ». Une loi accordant un tiers des sièges de députés aux femmes dans l’hémicycle, tant au niveau fédéral que régional. A l’heure actuelle, les femmes occupent 11% des sièges. De fait, plus de 100 parlementaires devront céder leur siège à des femmes aux lendemains des élections.

Les élections législatives  de la plus grande démocratie du monde présentent donc  un enjeu majeur  aussi bien pour l’orientation politique  du pays que pour le sort des femmes indiennes.

le 15 avril 2014.

Voir la brève sur Meira Kumar, première femme intouchable élue présidente du Parlement indien en 2009, dont le visage est à la une du menu déroulant.

Appel à manifester

 

Solidarité avec les femmes espagnoles.

Mobilisation pour la défense du droit à l’avortement

en Espagne et en Europe.

Rassemblement samedi 18 janvier 2014 à 14h30

Place de l’Opéra à Lille

 

Le gouvernement espagnol Rajoy vient d’annuler le 20 décembre la loi autorisant l’avortement, sous couvert d’une loi organique de « protection de la vie et des droits de la femme enceinte ». Il rassure ainsi sa base électorale et consolide sa position de fervent défenseur des valeurs traditionalistes et fondamentalistes religieuses.

Suite à cette annulation, la loi prévoit l’autorisation d’avorter dans 3 cas très strictement encadrés:

– Grave danger encouru par la femme pour sa santé physique ou psychologique.

– Viol, sous condition d’un dépôt de plainte

– Malformation foetale, sous réserve de deux rapports médicaux.

Autre recul important: les mineures devront avoir obligatoirement l’autorisation de leurs parents pour interrompre une grossesse non voulue.

Selon le quotidien espagnol El Pais, 85% des 100 000 avortements pratiqués actuellement chaque année en Espagne, risquent ainsi de devenir illégaux. En conséquence, seules les femmes les plus favorisées pourront choisir d’interrompre leur grossesse, en bénéficiant notammement d’une IVG à l’étranger.
En renouant avec des pratiques déniant la liberté de choix, c’est le mépris des droits humains fondamentaux des femmes et des couples à maîtriser leur fécondité et à décider de leur vie que le gouvernement espagnol vient de signer. Il annonce clairement son projet de société: maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission!

Cette démarche du gouvernement espagnol vient s’inscrire dans un mouvement européen réactionnaire et conservateur qui n’a toujours pas accepté le droit des femmes à disposer de leur corps, et les considère comme des sous citoyennes incapables de décider pour et par elles-mêmes.

L’Espagne n’est pas le seul pays européen où les femmes voient leurs droits reculer et nous savons d’expérience que l’IVG en France est sans cesse remise en question par les milieux réactionnaires.

 

Les femmes sont capables de décider pour et par elles-mêmes.

 

En solidarité avec les femmes espagnoles, mobilisons –nous !

 

Exigeons que l’Europe reconnaisse le droit des femmes

à disposer de leur corps,

et mette les droits des femmes et l’égalité au cœur de ses engagements.

 

Le 6 janvier 2014

 

 


 

Une Première Ministre au Sénégal

 

C’est une bonne nouvelle. Aminata Touré, femme politique déterminée, et militante depuis son adolescence, vient d’être nommée  Première Ministre par le Président du Sénégal,  Macky Sall. Elle avait rejoint son équipe en 2010, travaillé à son  programme  et dirigé sa campagne  pour les élections présidentielles de 2012. La classe politique lui reconnaît la rigueur, l’opiniâtreté et la transparence; dotée d’une solide expérience, arrivera-t-elle à donner une impulsion aux réformes programmées, dans ce pays où sévit une crise économique et sociale ?

L’esprit d’entreprise et de solidarité n’a jamais fait défaut aux femmes africaines. Depuis quatre décennies, dans toutes les grandes conférences internationales, leurs déléguées  martèlent l’urgence d’améliorer la situation des femmes, et pour cela la nécessité de leur donner accès aux postes de décision, elles démontrent qu’elles sont les actrices incontournables du développement. Celle-ci participe du même élan.

Diplômée en gestion et économie internationale dans des universités françaises et américaines, Aminata Touré a  dirigé pendant neuf ans le département des droits humains du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et dans ce cadre insisté sur les droits des femmes comme partie intégrante des droits de l’Homme et particulièrement sur leurs droits fondamentaux touchant à la procréation et la planification familiale.

Ministre de la justice pendant 17 mois, après l’élection de Macky Sall, elle s’était alors appliquée à lutter courageusement contre la corruption et  assainir le système judiciaire sénégalais en engageant « la traque des biens mal acquis » (cette campagne a permis le versement  de 30 milliards de francs CFA au Trésor public).

« La politique ne doit pas être une spécialité. Elle ne doit pas être un métier, mais une volonté de changer les choses », dit-elle ; souhaitons-lui de trouver des réponses concrètes aux espoirs qui se portent sur elle.

Le 15 septembre 2013

Le dictionnaire des femmes créatrices

Ed. des femmes

Réalisé sous la direction de Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber. Parution à l’automne.

12 000 articles sur une créatrice ou sur un thème, une école, un mouvement ou une culture dans lequel les femmes se sont illustrées.

40 siècles de création de femmes à travers le monde dans tous les domaines de l’histoire humaine, des arts, de la culture, de la science.

Présentation et souscription exceptionnelle. www.desfemmes.fr

Gouvernement finlandais le 22 06 2011 (Roni Pekomaalehtikuva/AFP)

Parité, comparaison France/Finlande

 

Le premier gouvernement  Ayrault  a de la gueule . Une belle vitrine de 17 femmes sur 34 ministres …

Pour lire la suite taper le lien :

http://www.rue89.com/rue69/2012/06/13/francaises-une-petite-lecon-de-parite-la-finlandaise-232956