Stupéfait par les résultats du premier des élections régionales, l’Observatoire Régional de la Parité regrette que les deux listes en lice pour le second tour fassent bien peu de cas de la situation des femmes.

L’Observatoire souhaite une fois de plus rappeler son attachement aux valeurs humanistes et républicaines. Nous les avons toujours défendues, plus que jamais elles fondent notre existence et notre engagement associatif.

 

Femmes et exilées, la double peine

 

L’Observatoire régional de la parité attaché aux valeurs humanistes qui fondent son action, souhaite attirer l’attention sur la situation dramatique vécue par les femmes exilées contraintes de quitter leur pays, quelles qu’en soient les raisons.

Comme beaucoup cet automne, nous avons été touché-e-s et alerté-e-s par le drame des réfugié-e-s originaire de Syrie. L’Observatoire rappelle, contrairement à ce qui est parfois asséné, que parmi ces réfugiés se trouvent de nombreuses familles et de nombreuses femmes dont le respect des droits et des besoins nous inquiètent.

En effet, en l’absence de législation et de dispositifs d’accompagnement spécifiques, les violences dont ces femmes sont l’objet (domination patriarcale, viol, prostitution…) restent totalement invisibles.

                L’Observatoire appelle les pouvoirs publics nationaux et locaux au respect de la mise en pratique inconditionnelle pour ces femmes de l’ensemble de leurs droits humains, notamment en ce qui concernent les violences sexistes dont elles sont victimes.

 

Lille, le 27 octobre 2015

L’Observatoire régional de la parité, sans position partisane, entre pleinement dans la campagne des régionales en Nord et Pas de Calais / Picardie.

La campagne pour les régionales entre dans sa dernière ligne droite, pourtant les enquêtes d’opinion déjà parues laissent présager une faible participation à ce scrutin dont les enjeux sont majeurs pour les femmes.

En effet, la future grande région Nord Pas de Calais Picardie, exercera des compétences majeures dans les domaines de : la formation professionnelle, la formation initiale (lycées, apprentissage…), emploi & économie, transports (y compris scolaires), aménagement du territoire… Autant de champs d’actions où la voix et la place des femmes doivent être prises en compte et entendues. En effet, aucune politique n’est « neutre » pour les femmes et celles-ci, ont un impact majeur sur leur avenir et leur vie quotidienne.

Aussi l’Observatoire appelle l’ensemble des électrices et des électeurs à se mobiliser, à se faire entendre lors de ce scrutin majeur pour notre avenir commun.

 

Lille, le 27 octobre 2015

Il y a dix ans, l’économiste Béatrice d’Intignano avait analysé en ces termes les obstacles que rencontrent les femmes dans l’accession  aux postes de décision dans le monde de l’entreprise. Quant à nous, nous avons déjà souligné ici  les similarités des systèmes d’obtention et de transmission du pouvoir dans les mondes économique et politique.

L’actualité des dernières élections éclaire de nouveau cette question. C’est la loi : les conseils départementaux et leurs exécutifs sont largement renouvelés et paritaires ; la démocratie locale en sort renforcée. C’est aussi une formidable opportunité offerte aux  femmes pour détenir des moyens d’action  sur l’ensemble d’un champ de questions concernant la vie de tous au quotidien et la constitution du lien social, pour asseoir aussi leur légitimité et leur image au sein de la classe politique locale.

Nous avons noté le concert de dénonciations du fait que, si les conseils sont désormais paritaires, seulement un sur dix se trouve présidé par une femme. Il eut fallu être bien naïf, au vu du cheminement des idées, pour croire que miraculeusement l’un entraînerait l’autre. De nombreux signes avant-coureurs l’ont montré durant la campagne : la plupart du temps, ce sont les hommes d’appareils qui ont déterminé les binômes ; les politiques et les medias ont « naturellement » mis l’homme en avant à moins que la femme ne se soit déjà imposée comme notable locale.

La distribution des délégations montrent aussi  que les stéréotypes sont bien installés. Certes, l’action sociale est une part très importante du budget d’un conseil départemental, mais reviennent le plus souvent à des vice-présidentes les délégations aux  « personnes âgées ou handicapées », « enfance-famille », « exclusion »…  qui correspondent à l’extrapolation dans le domaine public  des tâches toujours encore dévolues aux femmes dans le champ privé.

L’analyse sexuée des commissions est également intéressante. Dans le Nord, par exemple, les deux premières commissions dans le champ des solidarités humaines affichent pour la première (finances, ressources humaines, administration générale…) 26 membres dont 4 femmes et pour la seconde (lutte contre les exclusions, enfance-famille,…) 27 membres dont 5 hommes. De même, la première commission dans le champ des solidarités territoriales (infrastructures, mobilité, transports…) compte 27 membres dont 9 femmes. Situation assez semblable dans le Pas de calais, où nous saluons l’élection d’une vice-présidente déléguée à l’égalité femme-homme.

L’observation des conseils régionaux et des mairies dont les exécutifs sont paritaires depuis 2007 montre que les responsabilités confiées aux vice-présidentes se sont diversifiées, tout en conservant encore des domaines réservés masculins.

Il s’agit d’une situation en mouvement porteuse d’avenir pour les femmes si les stéréotypes qui la marquent ne sont pas le fait d’une idéologie conservatrice revendiquée.

Oui le plafond de verre existe dans le monde politique, les outils forgés dans le monde professionnel pour le soulever auraient sans doute intérêt à être étudiés et adaptés. Des grilles de fer  barrent aussi les femmes : doutes sur leurs compétences, crainte des conflits, manque de modèle, défaut d’ambition, difficile conciliation des temps, insuffisant partage des tâches éducatives et familiales et des tâches domestiques…

La loi imprime une structure et ouvre un jeu où coups fourrés et détournements ne manquent pas pour freiner les nouveaux venus et particulièrement les femmes ; à elles d’y forger des alliances et de créer leurs propres réseaux de femmes élues, de paroles libres et questionnantes. Un profond changement culturel est en marche à travers cette  progression dont la lenteur ne doit pas décourager : rien ne changera réellement tant que l’on n’aura pas déconstruit cette culture misogyne qui s’exprime toujours avec force et régularité dans le système social et politique et freine les femmes dans leur élan, allant du discrédit sur leurs paroles et de la mise en doute de leurs compétences, aux remarques sexistes et aux violences de toutes sortes…L’exigence de parité est un levier de cette lutte.

Lille, le 30 avril 2015

le parlement a définitivement adopté le projet de loi sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Vous  pouvez consulter le communiqué du Ministère des droits des femmes (lien sur l’article).

le 24 juillet 2014


Les femmes quasi absentes des exécutifs !

Pour son congrès ces jours-ci, l’Assemblée des Communautés de France a procédé à l’analyse exhaustive des élections des 242 intercommunalités de statut urbain (communautés d’agglomération, communautés urbaines et métropoles – 35 millions d’habitants soit 53% de la population française) :

  • Une « agglomération » sur deux  a changé de président-e.
  • 70% des présidents sont maires ou élus de la ville principale.
  • Seulement 6% de ces « agglomérations » sont présidées par des femmes.

Dans le Nord – Pas de Calais, l’analyse permet d’aller un peu plus loin.

  • Le nombre d’intercommunalités a été réduit à 53 : 20 dans le Nord et 33 dans le Pas de Calais. Parmi elles  11 communautés d’agglomération et 3 communautés urbaines, une seule femme présidente, 200 vice-présidents dont 32 femmes (16%).
  • Seulement deux femmes président des intercommunalités  de la Région (la communauté d’agglomération de Valenciennes Métropole et la communauté de communes de La Vacquerie dans le Nord)
  • Dans le Nord, on peut évaluer à 18% la proportion de femmes parmi les vice- présidents, et à un peu moins de 12% dans le Pas de Calais.
  • Dans le Pas de Calais, où le contexte est sans doute plus défavorable aux femmes, plus du tiers des intercommunalités n’ont aucune femme vice -présidente

Les entités intercommunales, en se regroupant, on gagné en importance, donc en moyens et en potentiel d’action, et le schéma habituel se dessine : moins de femmes à la tête (elles étaient plus de 7% des présidents d’intercommunalités de la région lors de la précédente mandature).

A suivre  pour une analyse plus fine quantitative et qualitative sur les conseillères communautaires et les délégations données aux vice-présidentes et aux conseillères déléguées et des comparaisons avec la moyenne française.

Lille, le 19 juin 2014

Une très lente progression des femmes à la tête des communes de la région…

Les femmes de la région ont été moins hardies  que la moyenne française pour se porter candidates à la tête d’une liste aux élections municipales 2014 -17% de femmes têtes de listes en France contre moins de 13% dans le Pas de Calais et un peu plus de 15% dans le Nord.

 Mais dans les communes de 1000 habitants et plus, elles l’ont fait avec assurance. En effet, elles sont près de 200 à avoir été élues maires ces jours derniers dans le Nord Pas de Calais ; honnête progression (de 18%) qui  n’empêche pas le pouvoir municipal de rester très masculin : 87% des maires de la région sont des hommes !

Des différences qui restent à interpréter apparaissent entre les deux départements :

– Une majorité de communes dans le Nord  soumises à la contrainte paritaire et un peu plus d’un quart dans le Pas de Calais.

–  16% de femmes maires dans le Nord-comme la moyenne nationale- 3 points de plus qu’en 2008. Une moins forte progression dans le Pas de Calais où seulement un peu plus d’un maire sur dix est une femme.

Et toujours davantage de conseillères municipales

Depuis 2001, grâce aux lois, la proportion de femmes conseillères   croît de manière continue avec un effet d’entraînement dans les communes moins peuplées qui ne sont pas astreintes  au scrutin de liste paritaire entre les femmes et les hommes : 44% des conseillers municipaux dans le Nord sont des femmes et 37% dans la Pas de Calais. Le seuil d’expression pour que leur parole soit prise  en compte est franchi.

Mais il faut redire ce que nous avançons depuis notre création : une  parité réduite à un quota 50/50 dans la représentation politique n’est qu’une impasse,  rien ne peut se transformer si  l’égalité numérique  dans la représentation ne secoue pas la domination masculine. Il ne s’agit pas d’intégrer des femmes  dans un modèle  masculin  mais d’améliorer  les situations des hommes et des femmes, le plus souvent non symétriques. Les femmes élues sauront-elles  entraîner un engagement réel pour l’égalité femmes/hommes dans les politiques publiques ? Nous sommes là pour les y inciter et les soutenir.

Le 28 mai 2014,

                          

Des femmes candidates et des hommes têtes de liste

Le mode de scrutin nouveau aux prochaines élections municipales et communautaires institue des listes paritaires pour les communes de 1000 habitants et plus ; il amènera automatiquement plus de femmes dans les conseils municipaux et communautaires ainsi que dans les exécutifs des municipalités. Cette progression de la parité masque des freins puissants car si les médias, dans cette campagne, donnent davantage la parole aux femmes et contribuent à la prise de conscience par l’opinion qu’elles sont pleinement légitimes à représenter l’universel de la république, la prise du pouvoir reste en réalité une affaire d’hommes : en France, 83% des têtes de liste sont des hommes et, sur ce point, la situation de notre région est mauvaise, ce taux y  atteint presque 86%.

Le Nord à la traîne…

55% des communes, la majorité, sont concernées par l’obligation paritaire (moins du quart d’entre elles l’était en 2008). Dans ces communes de plus de 1000 habitants, 734 hommes conduisent des listes contre 134 femmes, soit un peu plus de 15% des têtes de listes qui sont des femmes, beaucoup moins que la moyenne française.

Le Pas de Calais à la peine…

Plus du quart des communes du Pas de Calais est concerné par l’obligation paritaire (28% des communes – seulement 11% d’entre elles l’étaient en 2008). 470 listes sont menées par un homme et 69 par une femme, soit moins de 13% de têtes de liste qui sont des femmes.

Rappelons pour mémoire, que globalement pour la dernière mandature, on trouve dans la région environ 14% de femmes maires ; ce taux chute à 10% en France et dans le Pas de Calais pour les communes de plus de 3500 habitants, il est encore plus bas (7%) dans le Nord…

Il a fallu 150 ans et le combat des suffragistes pour obtenir le droit de vote, voilà 25 ans que l’idée de démocratie paritaire est apparue en Europe, la cuirasse patriarcale est épaisse !

Contact : Anne-Marie Marmier 06 07 96 06 64

Le 14 mars 2014

 

 

Conseil Constitutionnel

Une révolution dans les départements

 

L’observatoire se réjouit de la décision du Conseil Constitutionnel de valider jeudi 16 mai la loi sur les scrutins locaux instaurant un nouveau mode d’élection, le scrutin binominal paritaire, pour les conseillers départementaux anciennement nommés conseillers généraux.

Au regard de l’évolution démographique, revoir le découpage des cantons resté à peu près en l’état depuis l’époque des déplacements à cheval, était nécessaire. Dans ce contexte, le scrutin binominal à deux tours, respecte le principe de parité et maintient  un ancrage territorial. Pour la première fois, une parité de résultat est garantie: deux conseillers, un homme et une femme, pour des territoires élargis (le nombre de cantons sera divisé par deux). Actuellement moins de 14% des conseillers généraux sont des femmes.

Connaissant les résistances des notables locaux, les femmes vont devoir être vigilantes et solidaires pour que ne soient pas installés des couples où elles servent de doublures ou de faire-valoir, mais c’est aussi une belle opportunité  pour démontrer par la preuve que cette couplaison politique déjà éprouvée dans les exécutifs de certaines communes et dans les conseils régionaux, peut produire innovation et transformation.

Une féminisation des conseils municipaux et intercommunaux

 

La haute juridiction a également validé l’abaissement de 3 500 à 1 000 habitants le seuil de population d’une commune à partir duquel les conseillers municipaux sont élus au scrutin de liste. En 2014 la majorité des communes du Nord seront concernées et le quart des communes du Pas de Calais. En France, c’est l’entrée de 16 000 femmes de plus dans les conseils municipaux des villes de 1 000 à 3 500 habitants, et un signe fort renvoyé aux femmes pour se porter candidates!

Par ailleurs, le fléchage obligatoirement paritaire des conseillers intercommunaux sur les listes municipales va aussi  leur ouvrir l’accès des conseils communautaires. Ces assemblées devenues des lieux de pouvoir important sont actuellement des bastions masculins. dans la région, 95% de ces établissements ont moins de 30% de femmes conseillères, et les femmes ne constituent qu’environ 18% des délégués communautaires.

L’exception française en Europe d’une majorité importante de petites communes est certes corrigée par l’existence d’intercommunalités qui préservent les moyens d’action collective pour ces petites entités; mais elle entraîne que la majorité des communes, les intercommunalités, tout comme leurs exécutifs échappent  à l’obligation de parité, et cela tant que le scrutin de liste paritaire ne sera pas le mode d’élection pour toutes.

Le 20 mai 2013

Vers une démocratie locale paritaire,

bond en avant et pas mesurés.

Après l’abrogation du conseiller territorial, le projet de loi relatif à l’élection des conseillers municipaux, des conseillers communautaires et des conseillers départementaux, a donné lieu à un long débat contradictoire entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Il a été définitivement adopté le 17 avril 2013. Dans l’agitation ambiante la chose est passée inaperçue mais pourtant le texte entraîne un changement profond dans les modes de scrutin des assemblées territoriales avec pour conséquence de facto un progrès de la parité. Un challenge pour les femmes élues et pour le mouvement paritaire.

Une révolution dans les départements

Au regard de l’évolution démographique, revoir le découpage des cantons, restés à peu près en l’état depuis l’époque des déplacements à cheval, s’est avéré nécessaire. Dans ce contexte, le scrutin binominal à deux tours proposé et contesté a finalement été choisi; il veut à la fois respecter le principe de parité et maintenir l’ancrage territorial. Pour la première fois une parité de résultat est garantie: deux conseillers, un homme et une femme pour des territoires élargis (le nombre de cantons sera divisé par deux). Actuellement, moins de 14% des conseillers généraux sont des hommes.

Certes le découpage n’ira pas sans tension pour redéfinir un équilibre entre les campagnes et les villes, et l’emprise des deux plus grands partis sur la vie politique risque d’en sortir renforcée. Connaissant les capacités de détournement des potentats locaux, les femmes vont devoir être vigilantes et solidaires pour que ne soient pas installés des couples où elles servent de doublures ou de faire-valoir, mais c’est une belle opportunité pour démontrer par la preuve que cette couplaison politique, déjà éprouvée dans les exécutifs municipaux et les conseils régionaux, peut produire innovation et transformation.

Une féminisation contrôlée des conseils municipaux et intercommunaux

Scrutin de liste paritaire pour l’élection des conseillers municipaux étendu aux communes de 1000 habitants et plus. Seulement 27% des communes françaises, mais l’entrée de 16 000 femmes de plus dans les conseils municipaux des villes de 1000 à 3500 habitants.

C’est un progrès, jusqu’ici cette règle ne s’applique qu’au communes de plus de 3 500 habitants (une sur dix en France et 16% des communes de la région). Ce mode de scrutin concernera la majorité des communes du Nord (58%) et plus du quart des communes du Pas de Calais (27%).

Fléchage obligatoirement paritaire des conseillers intercommunaux sur les listes municipales. Mais dans le cas d’une commune de moins de 1000 habitants, c’est le maire qui est délégué (à 86% des hommes)

Actuellement ces assemblées sont devenues des lieux de pouvoir important et décident de près de 80% des investissements des communes, elles sont des bastions masculins. Sur le plan national, faute de statistiques sexuées disponibles, on évalue entre 20 et 25% la proportion de femmes conseillères titulaires dans les intercommunalités, le seul chiffre officiellement établi est 7% de présidentes. Dans la région 95% de ces établissements ont moins de 30% de femmes conseillères, et les femmes constituent environ 18% des délégués titulaires.

L’exception française en Europe d’une majorité importante de petites communes est corrigée par l’existence d’intercommunalités qui préservent les moyens d’action collective pour ces petites entités. mais elle entraîne que la majorité des communes, les intercommunalités tout comme leurs exécutifs échappent à l’obligation de parité, et cela tant que le scrutin de liste paritaire ne sera pas le mode d’élection pour toutes.

Le 21 avril 2013